S&P dégrade la note souveraine du Gabon

S&P dégrade la note souveraine du Gabon

L’agence de notation américaine Standard & Poor’s (S&P) a annoncé, dans un communiqué publié le 29 janvier, avoir abaissé la note de crédit souverain à long terme du Gabon en devises étrangères et en monnaie locale de « B+ » à « B », avec perspective stable. Il s’agit de la deuxième intervention de ce type en à peine un an

 

Sur l’échelle de l’agence Standard and Poor’s, la note du Gabon est passée de B+ à B. Dans un laps de temps d’à peine un an, Libreville a vu ainsi sa note de crédit chuter de deux crans. Selon l’agence, déficit budgétaire devrait se stabiliser à 3,7% sur la période. La perspective stable s’explique par des réformes entreprises par le gouvernement pour réduire les déficits et améliorer la gestion des ressources publiques. En février 2015, Standard & Poor’s l’avait baissée de « BB- » à « B+ », faisant ainsi passer les obligations du Gabon dans la catégorie dite « hautement spéculative. » Suite à la nouvelle dégradation annoncée ce vendredi, la note du pays n’est plus que deux crans au-dessus de la catégorie « CCC », celle des obligations aux « risques substantiels. »

 

« Nous prévoyons que la croissance du PIB réel va ralentir mais rester à une moyenne de 4,5 % de 2016 à 2019, principalement en raison des bas prix du pétrole et du recul continu de la production de brut, qui devrait diminuer d’environ 7 % en 2016-2017 dans le sillage de l’arrivée à maturité des champs de pétrole existants », a précisé l’agence. Elle srappelle apr ailleurs que le pétrole représente environ 40 % des recettes de l’Etat, 80 % des exportations et 20 % à 30 % du PIB. L’agence table sur un baril à 40 dollars en 2016 (nettement plus optimiste que la Banque Mondiale qui se limite à 37 dollars), 45 en 2017 et 50 en 2018.

 

Réagissant à cette annonce, le ministère de l’économie a publié un communiqué. On peut y lire « Les experts de l’Agence internationale relèvent que le secteur hors pétrole est le principal moteur de la croissance économique au Gabon qui demeurerait robuste à 4,5% en moyenne sur la période 2016-2019. Dans le même temps, la production pétrolière reculerait de près de 7%. » Le communiqué relativise également la portée de cette abaissement « depuis le début de chute des prix du pétrole, les pays producteurs de pétrole font face à une baisse de leurs notations souveraines. C’est ainsi que depuis 2015, les agences ont révisé leur appréciation des pays comme le Congo, le Nigeria, l’Angola, l’Arabie Saoudite, le Venezuela, la Russie ou encore Bahreïn. »

 

Publié le 4 février 2016 à 15 h 15 min par Emmanuel Samba

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