Une augmentation alarmante des atteintes aux Droits de l’homme en RDC

Une augmentation alarmante des atteintes aux Droits de l’homme en RDC

Une augmentation dramatique du nombre de violations des droits de l’homme en République démocratique du Congo : c’est le constat que dresse le bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme dans un rapport publié mercredi 27 janvier. Avec 3 847 cas de violation des droits de l’homme sur l’ensemble du territoire congolais documentés l’an dernier, on constate une augmentation 64% par rapport à 2014. Des violations commises pour un peu moins de la moitié par les agents de l’Etat et l’autre moitié par les groupes armés.

 

2015 aura été une triste année pour les Droits de l’homme (DH) pour la République Démocratique du Congo. « On a constaté une augmentation dramatique des violations des droits de l’Homme (…) de 64% par rapport à 2014 », a déclaré le directeur du Bureau conjoint de l’ONU aux droits de l’Homme en RDC (BCNUDH). Il y a d’abord une recrudescence des violations commises par les groupes armés, avec les FDLR, le FRPI, la LRA en tête. Une hausse de 95 % par rapport à 2014.

 

Pour le patron du bureau conjoint, José Maria Aranaz, c’est sans doute un des effets pervers de la suspension des opérations conjointes entre la Monusco et l’armée congolaise. Il y a moins d’opérations contre les groupes armés qui sont donc plus actifs et les forces de sécurité congolaises ont, selon lui, tendance à commettre plus de violations des droits de l’homme quand elles ne coopèrent pas avec les casques bleus.

 

Selon le rapport annuel de sa structure, les agents étatiques étaient responsables de « 49% des cas de violations, avec notamment 294 exécutions extrajudiciaires. » Le BCNUDH a enregistré « 260 violations des droits de l’Homme (liées au) processus électoral » avec une tendance à la hausse au cours des derniers mois de 2015. Le directeur a de nouveau exprimé la préoccupation de son bureau face à la « réduction de l’espace politique et la restriction des libertés publiques » qui, selon lui, « est contraire à l’esprit des élections crédibles. »

 

Depuis plusieurs mois, l’ONU, l’opposition et diverses organisations de défense des droits de l’Homme dénoncent la politique répressive des autorités congolaises. Joseph Kabila, réélu en 2011 à l’issue d’un scrutin marqué par des fraudes massives, a proposé la tenue d’un « dialogue national » qui tarde à venir, en vue d’élections « apaisées. » Les opposants sont divisés entre ceux prêts à accepter de participer à ce forum et ceux qui pressent le pouvoir d’organiser les élections dans les délais prévus par la Constitution.

 

Publié le 28 janvier 2016 à 11 h 53 min par Mathilde Grandjean

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