Trou d’air pour l’autorité aéronautique du Cameroun

Trou d’air pour l’autorité aéronautique du Cameroun

Le directeur général de l’Autorité aéronautique civile du Cameroun, Pierre Tankam, a été limogé au terme d’une session extraordinaire fin décembre dernier. À l’origine, l’affaire des avions chinois MA-60, et cinq ans de lutte intestine avec le gouvernement.

 

Perturbations à la nouvelle année pour l’Autorité aéronautique du Cameroun (CCAA, en anglais). Lors d’un conseil d’administration extraordinaire qui aura duré vingt minutes d’horloge, en présence du Ministre des Transports Edgar Alain Mebe Ngo’o, le président de l’autorité a été démis de ses fonctions en un temps record de quinze minutes, montre en main. Il a été remplacé à ce poste par Mme Paule Avomo Assoumou, 49 ans, jusque-là directrice de la sécurité aérienne au sein de la même structure. Les tergiversations du directeur général de l’institution de gestion de l’espace aérien national, ont fini par user toute la patience du nouveau patron des transports nommé ministre en octobre dernier.

Tankam, en poste depuis 5 ans, était entré en conflit ouvert depuis quelques semaines avec le ministre des Transports, Edgard Alain Mebe Ngo’o, au sujet de la mise en service de deux aéronefs chinois de type MA60 par la compagnie nationale Camair-Co. Ce dernier avait émis des réserves au sujet de la mise en service des deux appareils. Le vol inaugural de ces appareils, prévu pour la nouvelle année, avait été reporté au 23 janvier 2016 à la suite des tergiversations du patron de la CCAA qui exigeait un délai supplémentaire pour accorder la certification à ces avions dont quelques doutes subsistaient quant à leur fiabilité. Sous la pression de sa tutelle, Pierre Tankam Rechercher Tankam avait adressé une correspondance à Paul Biya, le chef de l’Etat, aux fins d’informations et d’arbitrage.

Le recours a provoqué l’ire du Ministre, qui a indiqué lors de la cérémonie de passation de service que « l’autorité aéronautique est un démembrement de l’Etat et ne saurait être considéré comme un service privé. Le directeur général a obligation de silence, et cette mesure est applicable également au directeur général sortant. » L’ex ministre de la défense, qui utilise depuis 2012 un avion du même type mis à sa disposition lors de la même cession avec la Chine a décidé de couper court à ces reports intempestifs qui s’accumulent depuis pas moins de quatre ans. Le vol inaugural, sous la nouvelle direction, est maintenu ce samedi.

Publié le 21 janvier 2016 à 11 h 10 min par Mathilde Grandjean

Laisser un commentaire