L’ONU tente de sortir le Burundi de l’impasse

L’ONU tente de sortir le Burundi de l’impasse

Une mission de délégués du Conseil de sécurité de l’ONU est attendue aujourd’hui le 21 janvier sur le sol burundais avec une tâche compliquée : persuader le pouvoirs de cesser les violences et entreprendre un dialogue véritable avec l’opposition.

 

Suite aux violences au Burundi qui, selon l’ONU, ont déjà fait plus de 400 morts et suscité le déplacement de 200 000 personnes, le Conseil de sécurité a voté à l’unanimité le 12 novembre dernier la résolution 2248 qui condamne toutes violences et demande au Gouvernement du Burundi de « garantir le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous », ainsi que de coopérer avec des institutions internationales, telles que  l’Union africaine et  le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme « afin de trouver une solution consensuelle, propre au Burundi ».

 

Le dialogue est loin d’être établi. Bien au contraire, l’ONU note l’intensification des violences. Zeid Ra’ad Al Hussein, le Haut-Commissaire aux Droits de l’homme, a affirmé que « tous les signaux d’alarme, y compris celui d’une dimension de plus en plus ethnique de la crise, sont en train de virer au rouge. Au moins 130 personnes ont été tuées en décembre ».

 

C’est dans ce contexte tendu que la mission de 33 experts de l’organisation internationale, dont 15 du Conseil de sécurité se rend à Bujumbura, capitale burundaise. La délégation sera reçue vendredi par le Président Pierre Nkurunziza. Les diplomates vont essayer de convaincre le chef d’Etat d’entamer un dialogue avec les opposants et surtout d’accepter le déploiement des forces de maintien de la paix, jugées par le pouvoir comme « force d’invasion et d’occupation ».

 

Les diplomates ne sont pas d’accord eux-mêmes sur ce dernier point. D’un côté, les Etats-Unis et la France prônent l’envoi de troupes dans le pays. Pour l’ambassadeur français François Delattre, qui a dirigé une première délégation du Conseil au Burundi en mars 2015, cette mesure est nécessaire pour « éviter que le génie des violences ethniques ne sorte de sa bouteille ». Samantha Power, l’ambassadeur des Etats Unis et présidente du Conseil au mois de décembre, quant à elle, indique que « les contours précis de cette force peuvent être discutés ». Parmi les options proposées par les Américains – le déploiement d’une partie des troupes de la Mission de l’ONU au Congo pour une période de 4 mois, qui pourra être prolongée.

 

De l’autre côté, on voit une alliance de la Russie, de la Chine, de l’Egypte et du Venezuela, qui plaident pour la non-ingérence des forces onusiennes en estimant que le pouvoir burundais est légitime car a été élu démocratiquement. « C’est aux Burundais eux-mêmes d’organiser un dialogue et le Conseil ne poussera pas le gouvernement à partager le pouvoir », a déclaré le représentant adjoint russe à l’ONU Peter Iliichev.

 

Partagés sur le sujet, les ambassadeurs tenterons néanmoins ensemble de dialoguer avec l’opposition et les représentants de la société civile, à leur escale à Addis-Abeba, en appui de l’Union Africaine. Cette organisation régionale a d’ailleurs échoué à persuader le Président burundais d’accepter sa mission de maintien de la paix sur son sol.

Publié le 21 janvier 2016 à 10 h 47 min par Léa Duval

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