Economie 2016 : un secteur des affaires à encourager au Cameroun

Economie 2016 : un secteur des affaires à encourager au Cameroun

 

La visite de Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire international (FMI), au Cameroun en ce début d’année 2016, a été l’occasion de faire un point sur l’économie du pays et les principaux défis qu’il devra relever pour cette nouvelle année.

 

2016, année de croissance au Cameroun. Avec un PIB en augmentation de 5,5 %, sans le pétrole, selon un rapport du FMI publié en octobre dernier, le pays d’Afrique centrale ferait mieux que l’année 2015 (5,1 %). Mais pas de quoi satisfaire Christine Lagarde, la patronne du FMI, qui était en déplacement officiel au Cameroun et au Nigeria au début du mois de janvier. La directrice de l’institution internationale a, en effet, rappelé que certains freins empêchaient toujours l’économie de se développer.

La menace Boko-Haram

 

Si le Cameroun profite d’une croissance de plus de 5 %, ce n’est absolument pas le cas de l’Extrême-Nord, région camerounaise frontalière du Nigeria. Et la raison porte un nom : Boko-Haram. L’organisation terroriste a considérablement affaibli cette partie du pays au point que 74,3 % de la population vit aujourd’hui sous le seuil de pauvreté et empêche tout développement économique de la région.

Dans un langage maîtrisé, l’Institut national de la Statistique du Cameroun (INS) évoque « un climat d’insécurité » qui a pour conséquence une baisse des opportunités économiques. Plus clairement, cette partie du Cameroun, à laquelle on peut ajouter la région Nord, est en situation de « mort clinique » au niveau de son économie tant l’emprise de Boko-Haram est importante. Et cela se répercute sur l’ensemble de l’économie du pays, l’Extrême-Nord représentant 17,9 % de la population camerounaise.

Mais Boko-Haram n’est pas la seule menace qui plane sur le Cameroun. La chute des cours du pétrole est une difficulté de plus pour le pays. Pourtant, le Cameroun n’est pas aussi dépendant du pétrole que les États producteurs. Cependant, l’or noir représente tout de même 20 % de ses recettes fiscales et environ 45 % de son exportation. Le maintien dans la durée des prix bas n’est donc clairement pas une bonne nouvelle.

Les conseils de Christine Lagarde

 

Au delà de ces difficultés, Christine Lagarde a souligné que la stratégie des autorités camerounaises d’attirer les investisseurs à coup d’incitation et de régimes dérogatoires n’était pas judicieuse. L’ancienne ministre de l’Économie française a aussi conseillé de se concentrer sur les infrastructures essentielles et les projets avancés. Plus généralement, c’est le climat des affaires que la directrice du FMI souhaite encourager au Cameroun.

Pour cela, il faudra sans doute un renforcement de l’intégration régionale par le biais de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) dont le Cameroun est l’État locomotive. Alors, à ce moment, le Cameroun pourra considérer avoir réussi son année 2016.

Publié le 18 janvier 2016 à 12 h 27 min par Emmanuel Samba

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