La Chine finance le barrage de Warak

La Chine finance le barrage de Warak

Un accord de prêt d’environ 181,8 milliards de Francs CFA sera signé dans les prochains jours entre l’Etat camerounais représenté par son ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire et l’International and Commercial Bank of China (ICBC). Les fonds seront destinés au financement du projet d’aménagement d’un barrage hydroélectrique sur le fleuve Bini à Warak.

 

A ce titre, le président camerounais vient d’habiliter LouisPaul Motaze à signer cet accord avec l’institution bancaire chinoise. Selon les informations provenant du ministère de l’Energie, il s’agit de la construction d’un barrage et d’une centrale hydroélectrique d’une capacité de 75 mégawatts, de lignes d’évacuation d’énergie (70 Km en 225 Kv) et d’électrification rurale (30 Kv), ainsi que de la réhabilitation et la construction de voies d’accès au site.

 

Le chantier se trouve sur le fleuve Bini à Warak, situé en Adamaoua, région frontalière du Nigeria. Il a été lancé dans le cadre du Programme Offre d’énergie qui vise en particulier la sécurisation de l’approvisionnement en énergie électrique du pays. C’est un grand enjeu pour le Cameroun, compte tenu son taux d’électrification assez faible qui ne dépasse pas 50 %. Malgré son potentiel hydro-électrique fort (estimé à 2 gigawatts, ce qui place le pays à la 2e position en Afrique Centrale), la consommation annuelle d’énergie électrique par habitant ne s’élève qu’à 165 kWh contre 1 650 kWh en Afrique australe. L’objectif est de tripler la puissance actuelle et d’atteindre les 3 000 mégawatts d’ici à 2025.

 

Inscrit dans cette logique, le projet le barrage de Warak permettra d’assurer le branchement en électricité sans rupture d’Adamaoua, troisième région du pays en taille. En outre, cette centrale sera une source complémentaire du réseau énergétique, dans la perspective d’apporter de l’électricité au projet d’interconnexion entre le Cameroun et le Tchad. L’accord entre les deux pays a été signé déjà en 2007, mais l’initiative n’a pas été réalisée. Relancée en 2010 lors de la 22ème session de la grande Commission mixte entre le Cameroun et le Tchad, le projet a reçu des subventions de la part du Fonds africain de développement, pour le financement partiel de l’étude du projet d’interconnexion des réseaux électriques. Dans ce cadre, il est prévu de construire une ligne de transports de 700 kilomètres reliant Ngaoundéré (Cameroun) et N’Djamena (Tchad), ainsi qu’un programme d’électrification.

 

La nouvelle centrale de Warak qui permettra d’avancer sur ce dernier projet, sera réalisée par la société chinoise Sinohydro dans le cadre du Mémorandum d’entente signé avec le gouvernement camerounais.  L’entreprise, géante de construction chinoise, spécialisée dans la construction de barrages ne cesse de développer sa présence en Afrique : elle est d’ores et déjà implantée dans 40 pays africains, avec notamment  la centrale hydroélectrique de Soubré, la construction de trois ports en Mauritanie ou encore un barrage hydroélectrique au Gabon. En ce qui concerne la centrale de Warak, l’entreprise promet d’achever les travaux au quatrième trimestre de 2018.

Publié le 17 janvier 2016 à 11 h 21 min par Mathilde Grandjean

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