Le terrifian bilan de Boko Haram au Cameroun

Le terrifian bilan de Boko Haram au Cameroun

Le ministre de la Communication et le porte-parole du gouvernement camerounais Issa Tchiroma Bakary a communiqué les statistiques épouvantables sur le nombre de victimes des attaques du groupe islamiste Boko-Haram : près de 1 200 personnes tuées dont plus de 1 000 civils depuis 2013 sont à déplorer.

 

C’est lors d’une conférence de presse que le ministre a présenté ce « macabre tableau statistique », en reprenant ses propres mots. « Au total, 1 098 civils camerounais, 67 de nos militaires et 3 de nos policiers ont perdu la vie à la suite des agressions barbares dirigées contre notre pays par le groupe terroriste Boko Haram », constate-t-il. Selon le bilan, dans la région de l’extrême-nord du pays on compte « 315 incursions des terroristes Boko Haram, 12 accidents sur mines et 32 attentats-suicides du fait de ces criminels ».

Le groupe terroriste vise surtout la région de l’extrême-nord du Cameroun qui est frontalière à l’Etat de Borno au Nigeria, où Boko Haram contrôle une vingtaine de villes. Les actes terroristes étaient isolés auparavant, mais prennent aujourd’hui une toute autre ampleur en mobilisant des centaines de djihadistes. De plus, récemment, Boko Haram a fait allégeance à l’Etat islamique.

 

Depuis le début de l’année 2016 plusieurs actes meurtriers ont été commis. M. Tchiroma en relève quelques-uns dans son discours : attaques des villages Olamsao, Talakachi, Mozog, explosions de kamikazes dans le Mayo-Sava et Gansé, enlèvements dans le village d’Ashigashia, égorgement du chef de village de Fima,  pillages au Kerawa… Les terroristes font recours régulièrement aux vols de bétail et de denrées alimentaires. Selon le ministre, en 2014 on a compté 1 160 têtes de bétail volées, tandis qu’en 2015 « le nombre de bœufs volés en territoire camerounais s’élèverait à 4 200, sans compter les petits ruminants ».

Face à la montée du danger, l’Etat camerounais s’efforce depuis 2013 de renforcer son dispositif de défense contre les radicaux, notamment à la frontalière nigériane – soldats d’élite, chasseurs bombardiers, chars et engins d’assaut ont été déployés pour repousser les djihadistes. Issa Tchiroma Bakary félicite les opérations des soldats camerounais qui « ont fini par l’affaiblir, au point de le réduire à des actes de couardise, tels que les attentats-suicide devenus son mode opératoire de prédilection ».

 

Pour combattre les terroristes, le Cameroun a formé une coalition régionale avec les pays du bassin du lac Tchad (Nigeria, Niger, Tchad) et le Bénin. En octobre 2014 les Etats se sont engagés à déployer 3 500 militaires. Pour poursuivre la coopération militaire, les pays ont formé en 2015 une nouvelle coalition – Force d’intervention conjointe multinationale (MNJTF). Cette nouvelle alliance avec son siège à N’Djamena (Tchad) doit compter 8 700 militaires, policiers et civils. Les troupes de ces pays ont été déployées dans trois secteurs autour du bassin du lac Tchad pour être supervisées par un commandant désigné par chaque pays membre de l’alliance.

 

Rappelons que Boko Haram est un mouvement terroriste d’idéologie salafiste djihadiste, qui est né au nord-est du Nigeria. Le Groupe sunnite pour la prédication et le djihad (son nom en arabe) proclame l’instauration de califat et la loi de charia. Depuis 2009, l’insurrection de Boko Haram a fait près de 17 000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés.

Publié le 16 janvier 2016 à 10 h 16 min par Emmanuel Samba

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