Economie 2016 : le Gabon porté par la vision de Bongo et d’Accrombessi

Economie 2016 : le Gabon porté par la vision de Bongo et d’Accrombessi

Alors que le baril de pétrole atteint des records à la baisse dramatique pour les pays exportateurs, le Gabon, qui a longtemps misé uniquement sur cette ressource, parvient à ne pas sombrer dans le marasme économique. L’or noir compte encore pour beaucoup dans l’économie du pays, mais il ne fait plus la pluie et le beau temps sur ce pays d’Afrique centrale, qui a décidé de prendre en main son destin sous la férule du président Ali Bongo et de son très actif directeur de cabinet Maixent Accrombessi.

La guerre du pétrole que se livrent les pays de l’OPEP et les Etats-Unis pour faire dérailler la production de gaz de schiste américaine bat son plein. Et c’est peu dire que les effets s’en font lourdement ressentir. Pour la première fois, l’Arabie saoudite accuse un déficit commercial, l’économie russe est exsangue (pays hors OPEP) et des centaines de producteurs américains d’huile de schiste mettent la clé sous la porte. Le baril de Brent avoisine les 30 euros et les prévisions pour l’année 2016 ne sont guère positives en la matière. Comment le Gabon, dont la seule force économique a été pendant des décennies l’exploitation du pétrole, peut-il faire bonne figure dans un tel environnement économique ?

La réponse se trouve dans la politique économique menée depuis 2009 et l’arrivée au pouvoir d’Ali Bongo et de son influent conseiller et directeur de cabinet Maixent Accrombessi. L’objectif affiché est de faire du Gabon un pays émergent d’ici à 2025 ; à cette fin, un très officiel Plan Stratégique Gabon Emergent coordonné par Yves Fernand Manfoumbi a été mis en place. L’idée est de multiplier les investissements publics et privés afin de diversifier l’économie et faire du Gabon une entité solide qui marche sur deux jambes. L’accent est mis sur les infrastructures, mais pas uniquement, comme l’illustre le Fonds Gabonais d’Investissement Stratégique, qui vise à préparer sereinement l’après-pétrole. Cette initiative lancée avant le plongeon du brut porte d’ores et déjà ses fruits.

Une croissance solide portée par les nouvelles technologies

Passer d’une économie rentière à une économie productive et diversifiée prend du temps ; les efforts fournis depuis cinq années portent leurs fruits, même si le pays dépend toujours en partie des aléas du cours du pétrole. Ainsi, au cours de cette même période, 80 % des exportations sont issues de l’industrie pétrolière, ce qui représente 60 % du budget de l’Etat. La dépendance est encore forte, mais le chemin suivi est le bon comme en témoigne une croissance de près de 5 % en 2015. Une excellente performance même au regard des cours du pétrole en chute libre.

Dans ce contexte, les rentrées fiscales sont plus tendues et le besoin de diversifier l’économie est plus important que jamais. Les initiatives pour encourager l’entrepreneuriat se multiplient à l’image du programme Train my generation qui invite les jeunes à développer leur propre activité économique. Constituer un maillage de PME qui deviendront pour certaines d’entre elles les futurs fleurons du pays est un travail de longue haleine auquel s’attachent désormais les autorités gabonaises.

Enfin, les nouvelles technologies et les entreprises du tertiaire constituent les nouveaux moteurs de la croissance. Le développement d’Internet, surtout grâce à la téléphonie mobile et l’arrivée de la 4G, accélère la transformation du tissu économique. Les activités d’extraction ne sont plus l’alpha et l’oméga d’une économie gabonaise résolument tournée vers le XXIe siècle.

Publié le 15 janvier 2016 à 12 h 08 min par Laurent Fronsac

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