Centrafrique : Martin Ziguélé appelle au recompte des voix

Centrafrique : Martin Ziguélé appelle au recompte des voix

Le traitement des résultats provisoires des élections législatives du 30 décembre dernier se poursuit en Centrafrique. Le Mouvement de libération du peuple centrafricain, parti de Martin Ziguélé, arrivé 4e au premier tour d’après les premiers résultats, exige le recomptage manuel des voix et montre la Céni du doigt.

 

Alors que l’Autorité nationale des élections égrenait le 7 janvier les résultats provisoires du premier tour de la présidentielle, le jeu des alliances commence. Dix-huit candidats ont ainsi apporté leur soutien ce weekend à l’ancien Premier ministre de François Bozizé Faustin Archange Touadéra qui a obtenu 19,4% des voix. Ils ont appelé les Centrafricains à voter pour la « seule véritable alternative politique ». Anicet Georges Dologuélé arrivé en tête et crédité de 23,8% des voix, poursuit les tractations avec les autres candidats malheureux pour obtenir leur soutien au 2e tour prévu le 31 janvier.

 

Mais la plupart n’ont qu’un poids modeste, forts de quelques milliers de voix seulement, à l’exception de Jean-Serge Bockassa, arrivé 5e avec 6,55% des suffrages.Si les résultats définitifs confirment la tendance actuelle, Désiré Kolingba, 3e avec 12,6% des voix, et Martin Ziguélé seront les véritables faiseurs de rois permettant de départager les deux candidats.

 

Avec ces tractations viennent également les premières contestations : le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), qui va déposer un recours devant la Cour constitutionnelle, exige le recomptage manuel des bulletins des candidats, et un audit de la chaîne de collecte et de traitement des données électorales. Le parti de M. Ziguélé accuse l’Autorité nationale des élections (ANE) d’avoir violé le code électoral en publiant des résultats globaux, mélangeant tous les jours différentes préfectures à des taux divers de dépouillement, rendant impossible tout suivi et tout contrôle.

 

Contrairement à ce que prévoit l’article 124 du Code électoral, « il est impossible pour chaque candidat de vérifier que tous les suffrages portés sur sa personne, circonscription par circonscription, bureau de vote par bureau de vote, ont été effectivement et intégralement comptabilisés » a condamné le MLPC, dans un communiqué. En outre, le parti signale la « chute brutale et non justifiée à ce jour du nombre de votants » entre les résultats partiels annoncés le 6 janvier et les résultats complets divulgués le lendemain, avec un écart de près de 230.000 voix, « non comptabilisées et donc non affectées aux candidats ».

Publié le 13 janvier 2016 à 6 h 04 min par Jean-Yves Denis

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