Retour sur la présidentielle centrafricaine

Retour sur la présidentielle centrafricaine

Les Centrafricains se sont rendus aux urnes en nombre mercredi dernier pour un double vote : présidentielle et des législatives. Les violences tant redoutées n’ont pas eu lieu, et le pays sors d suspens alors que les premiers résultats provisoires sont annoncés. Faustin Archange Touadéra semble marquer ne certaine avance sur ses rivaux, alors que les premières accusations de fraude se font entendre.

 

La semaine dernière, les Centrafricains, qui ont voté en nombre et dans le calme pour se choisir un président. « Aucun incident sérieux » n’a eu lieu dans l’ensemble du pays, a commenté le chef militaire de la Mission de l’ONU (Minusca), le général sénégalais Balla Keita. « Honnêtement, on a fait un miracle dans un pays en guerre », a-t-il affirmé. Le vote avait commencé avec du retard, notamment dans l’enclave musulmane du PK-5, cible de tirs de roquettes le 13 décembre lors du référendum constitutionnel. Ces tirs, oeuvre d’extrémistes hostiles au processus électoral, avaient fait cinq morts.

 

Les premières estimations, basées sur le dépouillement de 64% des résultats dans la capitale centrafricaine, soit près de 130.000 voix, donnaient à un outsider, Faustin Archange Touadéra (candidat indépendant), une courte avance sur ses rivaux. Touadéra est un ancien Premier ministre (2008-2013) de l’ex-président François Bozizé. Les résultats complets sont attendus d’ici jeudi ou vendredi.

 

Une quinzaine de candidats à la présidentielle ont demandé dimanche l’arrêt des opérations de dépouillement en Centrafrique, dénonçant une « mascarade. » Le gouvernement centrafricain a affirmé mardi qu’il n’était pas question d’arrêter le processus électoral. Plusieurs membres du gouvernement ont réagi à cette sortie, à commencer par le Premier ministre Mahamat Kamoun, qui a exhorté tous les candidats à « respecter (leurs) engagements dans l’intérêt supérieur de la nation. »

 

Les autorités de la transition et l’Union Européenne, l’Union Africaine, la CEEAC (Communauté économique des Etats d’Afrique centrale), la France, les Etats-Unis, la Chine, ont déployé des efforts considérables pour que ces élections soient libres, démocratiques et crédibles, a ajouté le chef du gouvernement centrafricain depuis la Primature à Bangui. Il a appelé les Centrafricains au « calme », à la « retenue », à la « vigilance » et à ne pas « céder à la manipulation. »

 

Publié le 6 janvier 2016 à 14 h 15 min par Emmanuel Samba

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