Cameroun : la Fécafoot en souffrance

Cameroun : la Fécafoot en souffrance

Tombi a Roko, le nouveau président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) depuis quelques 100 jours, a fait appel à la justice pour s’opposer à la décision des banques UBA et Ecobank de geler les comptes de sa structure.

 

Après plusieurs tentatives sans succès d’encaisser les fonds de Fécafoot, les avocats de Tombi a Roko ont décidé de saisir le Tribunal de Première instance (TPI) de Yaoundé Centre Administratif tout le 29 décembre 2015. Ils ont fait appel à un juge de référé pour accélérer une longue procédure judiciaire. Ces ennuis viennent de la sentence de la Chambre de conciliation et d’arbitrage du Comité national olympique et sportif du Cameroun.

 

Le juge en question Junior Licken a convoqué toutes les parties impliquées dans l’affaire pour une première audience qui s’est tenue à huis clos dans le cabinet de la Présidente du Tribunal. A part le représentant du ministère des Sports et de l’Éducation physique, qui s’est absenté, les autres plaideurs étaient présents : la Fécafoot d’une part, et Abdouraman Hamadou Babba (Président de l’Etoile filante de Garoua et ancien responsable de la communication de la Fécafoot), Joseph Antoine Bell (Bandjoun FC, ancien candidat à la présidence de la Fécafoot) et Emmanuel Loga (également ex-candidat du Littoral Maison-mère), tous représentés par un avocat d’autre part.

 

Le Président de l’Etoile filante de Garoua conteste toujours la présidence de Tombi a Roko : « Pour nous, il est clair que Me Memong et Me Mandeng ne peuvent pas représenter la Fécafoot parce que mandatés par M. Tombi a Roko qui n’est pas Président de la Fécafoot ». De plus, il a affirmé d’avoir déposé « une deuxième plainte avec constitution de partie civile contre M. Tombi à Roko pour tentative de vol ».

 

Evidemment, l’affaire qui a commencé en novembre 2015 est loin d’être résolue : les acteurs sont attendus pour une deuxième audition vendredi le 8 janvier.

 

Aux origines du conflit repose la décision de la Chambre de Conciliation et d’Arbitrage du Comité Olympique National, qui a annulé tout le processus électoral à la Fécafoot. Cela avait été demandé par Abdouraman Hamadou, Joseph Antoine Bell, Brigitte Mebande et Emmanuel Loga. Autrement dit, c’est la victoire de Tombi a Roko, élu président de la Fédération camerounaise le 28 septembre 2015 en succédant à ce poste à  Mohammed Iya, qui est également contestée.

 

C’est ainsi que les banques qui gèrent les comptes de Fécafoot ont gelé tous les décaissements d’argent effectués par l’équipe de nouveau président considéré illégitime par Abdouraman. Cependant, le ministère des Sports et de l’Éducation physique du Cameroun dans son communiqué a affirmé légitime et légale la présidence de Tombi a Roko en précisant que la « Chambre de Conciliation et d’Arbitrage instituée auprès du Comité National Olympique et Sportif du Cameroun a outrepassé ses compétences en violation des règles de compétence qui, du reste, sont d’ordre public ».

 

Rappelons, que la crise persiste depuis juin 2013, quand la Fécafoot a été suspendue par la Fédération internationale de football pour « ingérence politique ». Depuis, les premières élections qui ont suivi se sont déroulées en septembre 2015 avec le succès que l’on connaît.

 

 

Publié le 6 janvier 2016 à 10 h 41 min par Laurent Fronsac

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