Une mission de l’UA sans le Rwanda

Une mission de l’UA sans le Rwanda

Les autorités rwandaises ont affirmé leur intention de ne pas prendre part au déploiement de la Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu) qui devrait envoyer 5 000 hommes sur le terrain afin de réduire le plus possible les violences qui secouent le pays depuis plusieurs mois. La décision rwandaise s’explique par les relations très fraiches entre Kigali et Bujumbura.

 

La force africaine qui doit se déployer au Burundi ne comptera pas de troupes rwandaises. La décision du président Kagamé est sans appel, le Rwanda contribuera au règlement du conflit qui touche le Burundi « sous une autre forme » que celle des forces armées. Si ces autres moyens d’action n’ont pas été explicités, la position de Kigali montre à quel point les tensions avec son voisin du Sud sont vives. Le Rwanda est accusé par Bujumbura de servir de base arrière à des rebelles qui seraient entraînés par l’armée rwandaise. Annoncé la semaine précédente par l’Union africaine, l’envoi de 5 000 hommes au Burundi est très mal reçu par les autorités du pays et en premier lieu par le président.

 

A l’issue d’un Conseil national de sécurité, le déploiement d’une force internationale a été réfuté. Pour prouver que la situation est sous contrôle – ou au moins s’améliore – ce même Conseil a rappelé que les forces burundaises participent à des opérations de maintien de la paix et sont donc aptes à faire face aux événements. Les forces de sécurité ont d’ailleurs été félicitées pour « leur travail louable qu’elles ne cessent d’accomplir pour protéger la population contre des actes terroristes et notamment lors des attaques du 11 décembre dernier ».

 

La tension monte entre d’un côté le Burundi et de l’autre l’Union africaine et le Rwanda. Le gouvernement burundais avait déjà averti que la présence d’une mission de maintien de la paix serait considérée comme une « force d’invasion et d’occupation ». Le Rwanda, plus que jamais dans le viseur des autorités burundaises, a fait savoir par la voix de son président Paul Kagamé que les accusations portées contre son pays n’étaient pas justifiées et qu’il faudrait des faits et des preuves tangibles avant de faire des menaces à mots couverts. « Il y a beaucoup de manœuvres politiciennes derrière tout ça ». Afin de poursuivre sa défense, il a affirmé : « J’ai personnellement exprimé mes sentiments et dénoncé ce qui se passe au Burundi (…) En particulier, que ça coûtait beaucoup de vies et que ça risquait d’avoir des répercussions chez nous tous ». Il est peu probable que cette déclaration qui se veut dans l’apaisement atteigne les oreilles d’un président burundais de plus en plus isolé.

Publié le 24 décembre 2015 à 16 h 25 min par Léa Duval

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