Richard Bona évite une cérémonie de remise de décorations

Richard Bona évite une cérémonie de remise de décorations

Le mardi 15 décembre, Richard Bona, l’un des bassistes les plus renommés au monde, a manqué la cérémonie de remise de décorations organisée par la Grande Chancellerie des Ordres nationaux du Cameroun où il était tant attendu. Expliquant son absence par « une affaire familiale », ses publications sur les réseaux sociaux font penser à d’autres raisons.

 

La cérémonie s’est tenue à Yaoundé, capitale camerounaise, organisée par le ministre de la Culture dans l’intention d’honorer les artistes marquants du Cameroun en leur remettant une médaille d’Officier de l’ordre de la valeur. En particulier, deux noms faisaient l’affiche de cet événement : Ben Decca et Richard Bona. Si le premier musicien camerounais s’est rendu à la cérémonie pour recevoir sa décoration, Bona qui réside actuellement aux Etats-Unis s’est abstenu. Selon sa lettre d’excuses présentée au public lors de la cérémonie, il s’agit d’un empêchement familial. Toutefois, les véritables raisons de son absence peuvent être trouvées sur le compte Facebook de l’artiste.

 

En effet, le bassiste s’oppose depuis longtemps aux règlements camerounais relatifs à la double nationalité qui exigent l’obtention d’un visa d’entrée pour un Camerounais ayant un passeport d’un autre Etat. Richard Bona, qui entre dans ce cas de figure, semble ne pas être d’accord avec cette pratique, ce qu’il a déjà fait comprendre en octobre 2014 quand il avait dû payer des frais de visa pour venir au Cameroun. « Malgré mon attachement inébranlable de mon pays, je dois prendre une décision qui n’engage que moi.  Je n’y mettrai plus mes pieds tant qu’on me demande un visa d’entrée. A  un moment, il faut être cohérent… En consultant les textes de mon pays je ne suis plus Camerounais… Alors, je resterai ainsi cohérent avec la loi… Jusqu’à nouvel ordre », a-t-il déclaré à l’époque.

 

Apparemment, le gouvernement a tout tenté pour le faire venir à la cérémonie, mais Bona est resté fidèle à se parole : « Je remercie Monsieur le Ministre des Arts et de la Culture, Narcisse Mouelle Kombi et son Staff de cette « reconnaissance officielle » … Et surtout du travail de briefing fait ces derniers jours ». « Patriote c’est construire avec conviction, courage patience et sans peur. Pour les autres et toujours pour les autres même s’ils tardent à saisir la portée du message… Ma contribution pour le Cameroun à travers le monde continuera…malheureusement je ne pourrais pas être avec vous…je ne vais pas me mentir je suis triste. Mais aussi dans mon intime conviction je sais que j’ai raison… », a-t-il continué.

 

Bona n’est pas seul à protester contre la loi exigeant l’obtention de visa pour ceux qui ont une double nationalité : cette pratique est incohérente et beaucoup de dirigeants politiques détenteurs de passeports français ou suisses y échappent en catimini.

 

Rappelons que Bona Pinder Yayumayalolo, plus connu sous le nom de Richard Bona,  est un chanteur et bassiste camerounais. Il a quitté le Cameroun à l’âge de 22 ans pour se rendre en Allemagne puis a suivi des études de musique en France. Finalement installé à New York en 1995, il y lance son premier album solo. Aujourd’hui il en compte six à son actif dont un été nommé aux Grammy Awards. Il a également été récompensé par le Grand prix jazz Sacem au niveau mondial et un prix français de Victoires du jazz. En septembre 2015, il a ouvert un club à New York, le Bonafide sur la 52e rue.

Publié le 17 décembre 2015 à 9 h 31 min par Léa Duval

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