Prolongement du référendum en Centrafrique

Prolongement du référendum en Centrafrique

En Centrafrique, le référendum de ce dimanche a été entaché de violence à Bangui dans le quartier de PK5. Le scrutin s’est poursuivi lundi dans les zones de République centrafricaine perturbées dimanche par des violences et problèmes logistiques. Selon un responsable de la Croix-Rouge, cinq personnes ont été tuées et 34 autres blessées durant les violences de dimanche dans la capitale Bangui.

 

Dans le quartier musulman et certains arrondissements de Bangui, les votants se rendaient encore aux urnes lundi. Une prolongation du vote sous haute-surveillance : un imposant dispositif militaire des forces internationales (Casques bleus et soldats français de Sangaris) était déployé autour du quartier du PK5. Au centre, au sud et à l’ouest du pays,le vote s’est globalement déroulé dans le calme même si de nombreuses localités ont connu des retards à l’ouverture des bureaux, notamment à cause de problèmes d’acheminement de matériel. Certains électeurs ont aussi eu des difficultés à retrouver leurs noms sur les listes comme à Nzako, au Sud-Est, ou à Bozoum à l’Ouest.

 

Selon l’Autorité nationale des élections (ANE) une « dérogation de prolongation » du scrutin ont également été accordées dans des localités où les électeurs n’ont pu voter normalement dimanche, du fait d’intimidations ou de la destruction de matériel électoral par des hommes armés hostiles au scrutin. Les électeurs centrafricains ont ainsi continué à voter dans les villes de Bria (est), Ndele (nord), Kaga Bandoro (nord), Bossangoa (ouest), ainsi que dans les camps de réfugiés du Tchad et Cameroun. Le dépouillement a débuté dès dimanche soir dans les bureaux où le scrutin s’est déroulé normalement, et s’est poursuivi lundi. Les résultats devraient être publiés dans les prochains jours.

 

Si le référendum vise l’adoption d’une nouvelle Constitution, il constitue aussi un test avant les élections présidentielle et législatives prévues le 27 décembre, sous pression de la communauté internationale. La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca) a mis en garde mardi soir contre toute perturbation du processus électoral. « La Minusca et ses partenaires stratégiques poursuivront la mise en œuvre du plan de sécurisation du processus électoral pour permettre aux électeurs centrafricains de voter en toute sécurité lors des prochains scrutins. » La force onusienne a pris de nouveau cet engagement après être intervenue militairement mardi à Ndélé, dans la préfecture de Bamingui-Bangoran (nord-est), contre des éléments du FPRC qui avaient hissé leur drapeau au poste de gendarmerie locale.

 

Publié le 17 décembre 2015 à 11 h 55 min par Laurent Fronsac

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