Retour de soldats tchadiens détachés à la lutte contre Boko Haram

Retour de soldats tchadiens détachés à la lutte contre Boko Haram

Les 2 000 soldats mobilisés dans la lutte contre Boko Haram au Nigeria, au Cameroun et au Niger sont rentrés ce 11 décembre à Ndjamena. Ils suivent 3 000 de leurs camarades déjà de retour au pays. Tous ont combattu contre les djihadistes « sous le commandement de la force régionale de lutte contre Boko Haram, formée des pays riverains du lac Tchad (Nigeria, Cameroun, Tchad, Niger) et du Bénin ».

 

Les premières troupes tchadiennes sont rentrées dans la capitale administrative depuis le 7 novembre après avoir passé 10 mois au Cameroun. Un accueil chaleureux leur fut réservé par le Président Idriss Déby Itno en personne avec qui les soldats ont déposé une gerbe de fleurs au monument des combattants tombés lors de combats contre Boko Haram.

 

Aujourd’hui, tout comme la dernière fois, les 2 000 soldats ont été accueillis sur la place de la Nation à N’Djamena par le président des membres du gouvernement comme le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense nationale, Mbainando Totola, et de hauts fonctionnaires. Le président a félicité les troupes qui ont accompli leur mission « avec abnégation et professionnalisme », ce qui a permis de contribuer « à la restauration de la paix dans certaines localités » du Nigeria et du Niger. Il a toutefois remarqué que le combat n’est pas fini : « La mission n’est pas terminée, nous devons rester vigilants, car l’ennemi se manifeste sous la forme la plus abjecte et la plus meurtrière en faisant des attentats suicides ».

 

Les troupes des Forces Armées Tchadiennes Intervenant au Cameroun (FATIC) ont été déployées par le gouvernement dans les pays voisins en réponse à la menace terroriste : depuis un mois, l’état d’urgence a été décrété dans la région du lac Tchad dont le bassin est partagé entre le Cameroun, le Nigeria, le Niger et le Tchad. Ces territoires servent la base aux djihadistes radicaux et subissent des séries d’attaques qui s’intensifient ces derniers temps.

 

Samedi dernier, la région du lac Tchad est devenu de nouveau le théâtre d’atrocités commises par les islamistes : suite à un triple attentat suicide au marché de Koulfoua, une des îles du lac, 19 personnes ont été tuées et 130 blessées. Un autre triple attentat à l’explosif a eu lieu le 10 octobre à la sous-préfecture de Baga Sola. Ce fut l’attaque la plus meurtrière au Tchad avec un bilan de 41 morts et 48 blessés.

 

Début 2015 le président tchadien a dû envoyer 5 000 soldats au Cameroun pour mener une opération offensive contre les terroristes nigérians. Lors de l’intervention, l’armée tchadienne a réussi à libérer plusieurs villes du Niger, dont Gamboru, Malam Fatori et Dikwa. Le prix était lourd à payer pour ces réussites : l’armée Tchadienne a perdu 113 soldats et 660 ont été blessés. Au niveau financier, les opérations sont aussi coûteuses, étant donné que le Tchad est un des pays les plus pauvres au monde et que la chute du prix du baril de pétrole a aggravé la situation.

 

Malgré le retour des troupes principales au Tchad, certaines restent toujours sur le terrain pour combattre dans le cadre de la force régionale. Cette Force Multinationale Mixte créée par les pays riverains du bassin du lac Tchad (Cameroun, Nigeria, Niger, Tchad) et le Bénin, avec son siège à N’Djamena doit compter près de 8 700 militaires, policiers et civils. Les troupes des pays membres de la coalition sont déployées dans trois secteurs autour du bassin du lac Tchad pour repousser les djihadistes.

Publié le 12 décembre 2015 à 9 h 49 min par Léa Duval

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