Génocide au Rwanda : arrestation de Ladislas Ntaganzwa

Génocide au Rwanda : arrestation de Ladislas Ntaganzwa

Ladislas Ntaganzwa est une figure tristement célèbre du génocide rwandais. Maire d’une commune située dans le sud du pays en 1994, il est soupçonné d’avoir organisé et pris part à l’extermination des Tutsis. En fuite depuis plus de vingt ans, il a finalement été arrêté par l’armée congolaise après une offensive contre des rebelles Hutus. Kigali a immédiatement demandé son extradition même si Kinshasa a déclaré vouloir l’interroger dans un premier temps.

 

Les vieux démons génocidaires refont surface de temps à autre au Rwanda. Cette fois-ci la raison est simple : l’arrestation d’un des neuf accusés encore recherché par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Malgré une récompense promise de cinq millions de dollars, il aura fallu attendre de nombreuses années pour mettre la main sur Ladislas Ntaganzwa. Aujourd’hui âgé de 53 ans, l’homme se terrait en République démocratique du Congo, dans une région contrôlée par des forces rebelles (Forces démocratiques de libération du Rwanda – FDLR). Mais une offensive de l’armée a changé la donne et le 9 décembre, celui qui doit faire face à des accusations de génocide a été capturé.

 

L’homme aurait été arrêté dans un premier temps par ses compagnons d’armes avant d’être livré aux autorités congolaises. Désormais entre les mains de la justice de la RDC, il sera entendu par les juges de ce pays avant une probable extradition vers le Rwanda. Kigali a d’ores et déjà félicité son voisin et appelé à une extradition rapide pour qu’un procès puisse avoir lieu. Ladislas Ntaganzwa est accusé d’ « entente en vue de commettre le génocide, génocide, complicité de génocide, incitation directe et publique à commettre le génocide, crimes contre l’humanité et violations des conventions de Genève ». La liste d’accusations est longue et les chances de voir l’ancien maire de Nyakizu sortir de prison avant qu’il ne rende son dernier soupir sont très minces.

 

Cette arrestation n’est pas le fruit du hasard puisque le ministre congolais de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba a indiqué que des informations lui était parvenu comme quoi Ntaganzwa était dans le secteur où il a finalement été appréhendé. Le ministre a renchérit en concluant que ce coup d’éclat illustre la volonté de la RDC d’en finir avec la rébellion des Hutus rwandais contrairement à ce qui lui est parfois reproché.

 

La FDLR s’est quant à elle désolidarisée de Ladislas Ntaganzwa et a infirmé les propos qui font de lui l’un de ses membres. L’organisation nie également lui avoir octroyé sa protection. Personne ne peut dire aujourd’hui qui touchera la récompense de cinq millions de dollars promise à la capture d’un des hommes les plus recherchés d’Afrique. Quoiqu’il en soit, la machine judiciaire va pouvoir se mettre en route et les victimes connaîtront peut-être un certain soulagement à savoir Ntaganzwa dans une cellule.

Publié le 11 décembre 2015 à 13 h 17 min par Mathilde Grandjean

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