Le Cameroun fortement touché par la corruption

Le Cameroun fortement touché par la corruption

Selon le rapport People and Corruption: Africa Survey 2015 publié par Transparency International, le Cameroun se classe 2eme en termes de corruption sur le continent africain. Lors du sondage, 40 000 personnes de 28 pays d’Afrique subsaharienne ont été interrogées entre mars 2014 et septembre 2015, dont 1 182 au Cameroun. Les sondés pointent en particulier du doigt la police, les services fiscaux et les dirigeants d’entreprises au Cameroun.

 

C’est à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la corruption, que l’antenne camerounaise de l’ONG allemande a rendu public ces chiffres. Les résultats se basent sur l’enquête des expériences et des perceptions de pratiques malhonnêtes dans différents pays subsahariens. Parmi les plus corrompus on trouve la police et les agents des impôts, dont la malhonnêteté a été mise en évidence respectivement par 56 % et 54 % de population. Ils sont suivis par les hommes d’affaires (52 %) et les magistrats (51 %). Les services publics ne font pas l’exception : 48 % des Camerounais témoignent avoir dû verser un pot-de-vin pour un service administratif. Selon le document, les gens sont obligés de payer même pour accéder à des services comme l’eau, l’assainissement ou l’électricité.  Ainsi, le Cameroun est le seul pays sur les 28 où les six services publics étudiés sont fortement corrompus, comme le précise le rapport. De plus, quasiment la moitié des personnes interrogées (44 %) disent que la tendance a augmenté ces 12 derniers mois. La majorité de la population explique cette mauvaise tendance par le manque d’efficacité des politiques de lutte contre la corruption mises en place par le gouvernement.

 

Au niveau mondial, c’est une personne interrogée sur deux qui a déclaré avoir payé un pot-de-vin en 2014. Au total, 75 millions d’Africains ont dû recourir à cette pratique l’année passée : certains pour éviter des sanctions de la police judiciaire, mais aussi pour accéder à des soins de base. Malgré ces résultats plutôt décevants, des points positifs ont été relevés notamment au Botswana, au Burkina Faso, au Lesotho et au Sénégal. Les citoyens de ces pays étaient parmi les plus positifs en Afrique à propos de la corruption.

 

 

Pour la première fois, les gens ont rapporté des chefs d’entreprise comme très corrompus. Selon les témoignages, ils se sont classés deuxièmes juste derrière la police. Tandis que les forces de l’ordre sont régulièrement considérées comme très corrompues, c’est une nouvelle tendance pour les dirigeants d’entreprise par rapport aux enquêtes précédentes. A noter que près d’un quart des personnes interrogées étaient pessimistes quant aux politiques anti-corruption, en disant qu’il n’y avait rien qu’ils pouvaient faire. Pourtant, seulement 12 % de ceux qui ont payé un pot-de-vin, l’ont signalé aux services qui luttent contre la corruption.

Publié le 10 décembre 2015 à 10 h 27 min par Marc Lallemand

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