Centrafrique : Noureddine Adam dans le collimateur du gouvernement

Centrafrique : Noureddine Adam dans le collimateur du gouvernement

A l’approche du vote de transition, les tensions reprennent de plus belle en Centrafrique. E réaction au retour du chef de guerre Noureddine Adam sur le territoire centrafricain, le gouvernement a décidé de le déclarer ennemi public numéro un. La force de maintien de la paix française a quant à elle décidé de maintenir son effectif jusqu’à la fin de la transition.

 

Le premier tour de l’élection présidentielle en Centrafrique est prévu le 27 décembre et un éventuel second tour le 31 janvier. L’occurrence du scrutin a contribué au retour de la tension dans le rues de la capitale, alors que les violences s’inscrivent dans la volonté de certains acteurs de déstabiliser la transition. Des barricades ont par ailleurs été érigées et des tirs entendus mardi 8 décembre après-midi dans au moins huit quartiers de Bangui, après l’annonce des candidatures retenues pour participer à l’élection présidentielle.

 

Pour ajouter au climat d’insécurité, Noureddine Adam, l’ex-numéro deux de la Séléka et ancien ministre de la Sécurité de Michel Djotodia a regagné la Centrafrique après un peu moins d’un an passé à l’étranger. Pour s’être opposé à la tenue des prochains scrutins dans les zones qu’il contrôle illégalement, il a été déclaré dimanche « ennemi public numéro 1 » par le gouvernement centrafricain. Dans un communiqué transmis le 6 décembre à l’AFP, Bangui considère veut créer une « illusoire partition de la République centrafricaine » et ce faisant a posé un « acte de guerre. »

 

« Comment comprendre que Noureddine Adam, qui est sous sanction des Nations unies, puisse continuer de circuler librement » malgré le déploiement des forces onusienne Minusca et française Sangaris ? » s’interroge le gouvernement dans son communiqué. Désormais à la tête du Front patriotique pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), un groupe rebelle actif dans le nord et l’est du pays, le chef rebelle s’est installé à Kaga Bandoro, à 245 km au nord de Bangui. Un retour qui a coïncidé avec les affrontements du 10 et 11 octobre près de Sibut entre environ 150 miliciens du FPRC et les forces de la Minusca, appuyées par les soldats français.

 

La France devait initialement ramener les effectifs de l’opération Sangaris à 700 hommes dès l’automne mais avait reporté cette réduction après de nouvelles violences en septembre dans la capitale centrafricaine. Elle maintiendra ses effectifs militaires en Centrafrique (900 hommes) jusqu’à ce que le futur président élu soit « en mesure d’affirmer son autorité », a déclaré le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian le 6 décembre dernier.

 

Publié le 9 décembre 2015 à 8 h 49 min par Emmanuel Samba

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