Assassinats politiques : le gouvernement Obiang réfute

Assassinats politiques : le gouvernement Obiang réfute

Le 12 octobre dernier l’opposition guinéenne frappait fort à l’occasion d’une conférence de presse pendant laquelle une liste de 310 personnes avait été présentée aux journalistes. 310 noms d’opposants au régime de Teodoro Obiang qui auraient été assassinés par le pouvoir. Des accusations extrêmement lourdes, mais qui n’avaient pas été soutenues par des preuves. Deux semaines plus tard, le gouvernement prend enfin la parole et dénonce des manœuvres qui ne correspondent pas « à la vérité ».

 

Le torchon brûle entre l’opposition et le pouvoir en Guinée équatoriale. Mi-octobre des représentants de l’opposition s’étaient réunis à Paris pour dénoncer devant la presse des exactions du pouvoir en Guinée. Cette sortie médiatique avait fait grand bruit puisque une liste de 310 noms avait été avancée. Les noms de victimes du régime de Teodoro Obiang arrivé par un coup d’Etat en 1979. Les accusateurs avaient même pris la peine de souligner : « si nous n’avions pas fui nous-mêmes, nous serions au nombre de ceux qui ont été assassinés ».

 

Malgré la portée de ces accusations, aucune preuve n’avait alors été fournie. Les journalistes en attendaient tout comme une réaction d’un pouvoir mis en cause dans des affaires bien sombres. Il aura fallu patienter quinze jours pour que le gouvernement réagisse officiellement à des accusations loin de « la vérité ». C’est en la personne Alfonso Nsue Mokuy que la réponse est finalement venue. En déplacement à Paris, le Vice-Premier ministre et ministre des Droits Humains de Guinée Equatoriale a démenti catégoriquement ses accusations lors d’un point avec la presse.

 

L’argumentaire développé par le ministre repose sur deux axes. Le premier revient sur le fond de l’affaire. « Dans la liste, il y a un mélange de gens qui sont morts pendant le régime de Macias et de gens qui sont morts sous notre système ». L’opposition affirmait que les personnes étaient décédées sous la férule du régime Obiang alors que le ministre vient souligner que certains noms correspondent à la période 1968-1978, pendant laquelle Francisco Macia régnait sans partage en Guinée équatoriale. Le ministre poursuit ainsi : « le pays a eu l’indépendance le 12 octobre 1968. Six mois après, il y a eu un coup d’Etat (pendant lequel) sont morts beaucoup de gens […], C’est une histoire de 47 ans ».

 

Sans surprise, des preuves ont également été demandées par le ministre qui juge le procédé sévèrement. Des accusations non prouvées – surtout de ce type – ne sont pas perçues d’un bon œil. Ce qui amène au second axe de la défense mise en place par les autorités. Le questionnement sur le timing de cette annonce. « Pourquoi faire une présentation de cette liste maintenant à Paris ? C’est pour créer des histoires ». Une brouille entre l’Etat guinéen et les puissances européennes serait espérée par l’opposition. « En résumé, cette liste est la démonstration que l’opposition à l’extérieur prétend ressusciter de vieux fantômes pour créer un air de génocide dans le pays. Avec ça on essaie de provoquer des situations difficiles pour le gouvernement de Guinée équatorial, ce qui veut dire que cette liste est fausse ». Le ministre a rappelé que le gouvernement se réservait le droit de poursuivre en justice les auteurs de la publication de ladite liste.

Publié le 30 octobre 2015 à 17 h 58 min par Léa Duval

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