Tchad : le frère du président Déby face à la justice

Tchad : le frère du président Déby face à la justice

Rien ne va plus dans la famille Déby. Le frère du président Idriss Déby qui occupait le poste de directeur général des douanes a été limogé le 24 octobre avant d’être arrêté par la police. Depuis longtemps soupçonné d’enrichissement personnel, l’homme semblait bénéficier de la clémence des autorités. Ce changement radical d’attitude pourrait s’expliquer par l’approche des élections de 2016 et le besoin de donner des gages de vertus aux citoyens tchadiens.

 

La fratrie Déby connaît un coup dur que peu d’analystes avaient envisagé. Salaye Déby, frère du président et accessoirement directeur général des douanes est tombé en disgrâce sans aucun signe annonciateur de la chute. Le 24 octobre, un décret présidentiel a signé la fin de l’aventure douanière de Salaye Déby. Une mise au placard qui a été immédiatement suivie par sa mise aux arrêts par la police judiciaire. Une plainte avait été déposée la veille par le secrétaire général du gouvernement au nom de l’État. Salaye Déby est accusé « d’enrichissement illicite et de détournement de deniers publics ».

 

Jusque-là protégé par les services de l’Etat, Salaye Déby semble avoir perdu ses soutiens après une longue polémique l’accusant de profiter de son poste pour s’enrichir de manière éhontée. Le secrétaire général de la Convention tchadienne pour la défense des droits de l’homme (CTDDH) estime qu’il s’agit d’une bonne nouvelle même s’il n’est pas dupe de la manœuvre. Mahamat Nour Ibedou fait le lien avec le calendrier électoral : « c’est une opération de communication à l’approche des élections de 2016 : il faut que Déby donne des gages aux Tchadiens, et son frère est un personnage controversé ».

 

 

Une manœuvre plus électorale qu’une réelle volonté d’écarter les brebis galeuses des postes à responsabilité ? La vérité est difficile à cerner entièrement. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas Reporters sans frontières (RSF) qui regrettera cette nouvelle car il y a encore un moins à peine, l’ONG faisait savoir qu’un journaliste avait été molesté lors de son interpellation après avoir publié un article critique vis-à-vis du désormais ex-directeur des douanes. La balle est aujourd’hui dans le camp de la justice tchadienne.

Publié le 28 octobre 2015 à 10 h 03 min par Léa Duval

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