Quand le Congo dit « oui » à une modification de la loi fondamentale

Quand le Congo dit « oui » à une modification de la loi fondamentale

Large victoire du oui lors du référendum sur la révision de la Constitution au Congo. Fort de cette modification, le président sortant Denis Sassou Nguesso sera autorisé à briguer un trosisième mandat présidentiel.

 

« Le projet de texte de nouvelle constitution a été adopté et entrera en vigueur dès sa promulgation par le président de la République », a déclaré sur la télévision publique le ministre de l’Intérieur Raymond Mboulou. Les résultats du référendum congolais sont en effet tombés : le oui à une modification de la Constitution l’a emportée dans un raz de marrée, avec 92,96 % des suffrages exprimés. Malgré une participation timide en début de journée, ce serait finalement 72,44% de la population congolaise qui se serait rendue aux urnes en ce jour de scrutin, d’après les chiffres rendus publics par la Commission électorale.

 

Le porte-parole du Quai d’Orsay, Romain Nadal, a déclaré avoir « pris note » du résultat du référendum de dimanche, annoncés mardi 27 octobre. Si la France avait dans un premier temps émis des réticences quant à ce vote, elle avait finalement changé d’avis, invitant le peuple du Congo à l’autodétermination.

 

La veille, Pascal Tsaty Mabiala, un des chefs de l’opposition, qui avait appelé à boycotter les urnes, avait estimé que la participation de dépasserait pas les « 10 %. » Il appelait à un boycott de l’initiative de M. Sassou-Nguesso afin de lui infliger « un camouflet. » Force est de constater que la mobilisation de la population est une déconvenue pour l’opposition, qui pensant en donna t un mot d’ordre de boycott prouver l’hostilité du peuple à l’égard du président sortant.

 

Le dialogue avec son opposition est pour l’instant rompu, et elle rejette massivement ces résultats. Les leaders du Frocad, le front anti-référendum promettent de poursuivre le mouvement de désobéissance civile. On ne sait pas encore quelle forme prendra ce mouvement, les chefs de l’opposition doivent encore en fixer les modalités. « Lorsqu’on a vu ce qu’on a vu le jour du vote, annoncer un taux de participation de plus de 72%, c’est extrêmement scandaleux », a déclaré à l’AFP Clément Miérassa, l’un des chefs du mouvement. Pour l’heure, le rejet du résultat par l’opposition ravivent dans l’opinion le spectre des épisodes de guerre civile ayant déchiré le pays entre 1993 à 2003.

 

 

Publié le 28 octobre 2015 à 11 h 04 min par Laurent Fronsac

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