Issa Hayatou, le survivant des scandales de la Fifa

Issa Hayatou, le survivant des scandales de la Fifa

Suspendu par le Comité d’éthique de la Fédération internationale de football association (Fifa) pour 90 jours, la candidature de Michel Platini pour les prochaines élections à la tête de l’instance du football mondial a été écartée. A l’issue d’un sommet de crise, l’UEFA, le secrétaire général, Gianni Infantino a demandé que l’élection du futur patron du football mondial se tienne comme prévue le 26 février. Ce vide pourrait bénéficier au controversé Issa Hayatou.

 

Issa Hayatou, président par intérim de la Fifa depuis la suspension de Joseph Blatter, a dirigé la réunion extraordinaire du Comité exécutif de l’instance à Zurich. Alors la chute de l’ancien président Sepp Blatter était encore dans tous les esprits, le principal pressenti à son remplacement, Michel Platini, a été provisoirement suspendu. Le doute plane encore quant à la validité de sa candidature. « Les candidatures qui se rapportent à des candidats faisant l’objet d’une suspension (provisoire ou définitive) de toute activité liée au football, ne seront pas traitées par la Commission électorale ad hoc tant que cette suspension sera valide et en vigueur », a expliqué Domenico Scala, président de la Commission électorale ad hoc.

 

Le Camerounais n’a pas été inquiété par la justice – américaine ou suisse – ou par la commission d’éthique de la Fifa. Le nouveau président intérimaire traîne pourtant quelques encombrantes casseroles. Il y a d’abord cette vieille histoire liée au scandale ISL, la société qui gérait les droits de retransmission de la Coupe du monde dans les années 1990, dont on s’aperçut après coup que l’une des principales activités consistait à verser des rétrocommissions. En 1995, elle aurait ainsi versé, en espèces, à Hayatou 100 000 francs français (15 000 euros).

 

Il y a aussi les accusations du Sunday Times, qui, en juin 2014, dévoila l’immense machine à corrompre mise en place par le président de la confédération asiatique, le Qatari Mohamed Bin Hammam, dans le but de se faire élire à la présidence de la Fifa – il en a été banni à vie en décembre 2012. À en croire le journal britannique, Hayatou était au cœur de ce dispositif. Il y a enfin le témoignage de Phaedra Almajid, ancienne chargée de la communication de l’équipe de campagne du Qatar pour l’obtention de la Coupe du monde 2022. Cette derrière affirme avoir vu, en 2010 en Angola, Hayatou et deux autres dirigeants du foot africain monnayer leur vote en faveur du Qatar en échange de 1,5 million de dollars. Toujours est-il que Hayatou n’est pas pour l’instant

Publié le 23 octobre 2015 à 10 h 00 min par Léa Duval

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