Journaliste torturé au Burundi : l’AFP et RFI portent plainte

Journaliste torturé au Burundi : l’AFP et RFI portent plainte

Le 2 août 2015, le journaliste Esdras Ndikumana était arrêté par le Service national de renseignement du Burundi. Plusieurs heures durant, le correspondant de l’AFP et de RFI sera torturé à coups de barre de fer et de gourdin. Finalement libéré, l’homme est aujourd’hui en convalescence en Europe et en appel à la justice afin que ce crime contre lui et la presse ne reste pas impuni. Une démarche qui a peu de chance de déboucher sur des résultats concrets, mais qui a au moins le mérite de mettre un coup de projecteur sur le chaos qui règne au Burundi.

 

La liberté de la presse est sacrée et les journalistes doivent être protégés. Ce principe n’est pourtant pas évident dans un pays comme le Burundi où le chaos qui gangrène l’Etat permet des exactions inimaginables a priori. Esdras Ndikumana, journaliste reconnu travaillant pour l’AFP et RFI a subi la folie des autorités burundaises le 2 août dernier. Alors qu’il couvre les tensions dans le pays, il est arrêté ce jour-là par les forces du Service national de renseignement. Partageant son expérience traumatisante sur le plateau de France 24, le journaliste explique : « un membre du service de l’agence de renseignement m’a arraché mon appareil photo, et m’a dit que j’étais arrêté, parce que j’étais un ennemi du Burundi, et que j’étais parmi ceux qui avaient tué le général Adolphe [Nshimirimana] ».

 

Une arrestation au mépris total des règles du droit qui sera suivi par un interrogatoire au cours duquel des sévices en tout genre lui seront administrés. J’ai reçu une centaine de coups, essentiellement sur la plante des pieds, sur les fesses et le dos. Ses affaires son confisquées et même son alliance est volée. Ce passage à tabac est suivi quelques jours plus tard par des menaces contre sa famille. Se sachant en danger de mort, Esdras Ndikumana décide de fuir et s’exil comme 80 % de ses confrères qui ont déjà pris le chemin de l’exode pour ne pas succomber aux coups et aux balles.

 

Malgré les faits précis, la justice burundaise se déclare dans l’incapacité de mener une enquête et c’est pourquoi RFI et l’AFP ont finalement décidé de porter plainte contre X. Les appels répétés pour que justice soit faite n’ont jamais été entendus. Les deux médias ont décidé il y a quelques jours de porter plainte en justice afin de faire sortir les autorités burundaises du silence. Une tâche herculéenne tant le régime semble devoir s’enfermer dans un cycle de terreur et se couper du monde.

Publié le 20 octobre 2015 à 10 h 04 min par Mathilde Grandjean

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