Le Congo défile massivement en faveur du changement de Constitution

Le Congo défile massivement en faveur du changement de Constitution

L’opposition congolaise s’est mobilisée contre le texte de la nouvelle Constitution devant être soumis à référendum le 25 octobre, et qui permettrait au président Denis Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat. Les partisans du « oui » se sont également regroupés, dans une manifestation d’une ampleur spectaculaire. Samedi 10 octobre, c’est une véritable marée humaine qui a envahi les rues de Brazzaville. 

 

La campagne pour le référendum sur le projet de changement de Constitution bat son plein, et se clôturera par l’organisation du scrutin, le 25 octobre. Âgé de 71 ans et déjà élu deux fois président, Denis Sassou-Nguesso ne peut briguer un nouveau mandat présidentiel, selon la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats successifs à la présidence et qui exclut les candidats âgés de plus de 70 ans. Cependant, il va proposer à son peuple, fort de deux mandats dont le Congo a largement bénéficié, de modifier la loi fondamentale du pays afin poursuivre son action et la réforme du pays. La nouvelle mouture de la Constitution devrait également instaurer un régime parlementaire, au sein duquel les pouvoirs du président seront largement contrebalancés par ceux du Premier ministre, responsable de l’action de l’exécutif.

 

Les premières manifestations d’opposition à ce vote ont commencé sitôt la tenue prochaine du référendum confirmée. Une marche des militants de l’association Ras-le-bol, opposée au changement de Constitution, a été organisée dans le sud de Brazzaville. Ces dernières manifestations n’ont cependant au mieux regroupé que quelques milliers de personnes.

 

Plusieurs dizaines de milliers de partisans du président congolais Denis Sassou Nguesso sont quant à eux descendus samedi 10 octobre dans les rues de la capitale pour manifester leur soutien au changement de Constitution. Ils voient dans ce projet de loi fondamentale l’occasion de préserver l’équilibre du pays en en confiant de nouveau les rênes à Sassou Nguesso, mais aussi de l’inscrire dans une dynamique plus démocratique.  Et c’est bien l’ampleur du rassemblement en faveur du Oui au changement de Constitution qui a été la surprise de la journée. Non pas que Sassou Nguesso soit impopulaire, mais le tapage médiatique de l’opposition ces dernières semaines pouvait laisser à penser qu’une large portion de la population voyait le référendum d’un mauvais œil. Les plus bruyants ne sont pas forcément les plus nombreux.

 

En haut, une poignée de partisans du Non défilent le 27 septembre à Brazzaville. En bas, au même endroit, le 10 octobre, ce sont entre 100 et 150 mille sympathisants du Oui qui ont envahi les rues de la capitale congolaise.

En haut, une poignée de partisans du Non défilent le 27 septembre à Brazzaville. En bas, au même endroit, le 10 octobre, ce sont entre 100 et 150 mille sympathisants du Oui qui ont envahi les rues de la capitale congolaise.

 

Avec des mots-clés comme #SassOui et #JeVoteOui, des photo ont inondé le web, montrant l’ampleur du mouvement de soutien. On estime que les manifestants étaient plus de 100 000. « Cette marée humaine veut simplement dire que la volonté du peuple, c’est de modifier la Constitution, et que nul ne pourra l’empêcher », a dit à la foule Pierre Ngolo, secrétaire général du Parti congolais du travail (PCT, la formation de Sassou Nguesso). S’il ne faut pas aller trop vite en affaires, cette mobilisation présente certainement le scrutin sous des augures favorables.

Crédit photo : Flickr

Publié le 14 octobre 2015 à 15 h 45 min par Jean-Yves Denis

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