De nouvelles mesures d’austérité pour le Tchad

De nouvelles mesures d’austérité pour le Tchad

Le gouvernement de Kalzeubet Pahimi Deubet a annoncé de nouvelles mesures d’austérité pour le Tchad. L’économie nationale, largement pénalisée par le faible prix du baril de pétrole doit, selon les dirigeants, pousser plus loin sa restructuration, avec une diet salariale pour les institutions.

 

Cap sur l’austérité. Après la visite de la mission du FMI à N’Djamena qui a tiré la sonnette d’alarme quant au risque d’une forte contraction de l’activité économique, le gouvernement prépare une nouvelle salve de restrictions budgétaires. Pour une durée test de trois mois, le gouvernement tchadien a décidé de couper les dépenses d’usage et les indemnités salariales dans une partie du servie plublic, le temps d’apprécier l’évolution de la situation.

 

L’État s’interdit ainsi toute acquisition de véhicules et les missions à l’étranger ne seront autorisés qu’en cas d’absolue nécessité. Pendant ce temps, les fonds spéciaux destinés aux activités publiques, déjà réduits depuis le début de l’année, le seront d’avantage. Au grand soulagement des organismes syndicaux, cette mesure ne concernera que les institutions (Présidence, gouvernement, Cour des comptes, etc.) et non l’ensemble des travailleurs comme initialement envisagé.

 

Le Premier ministre tchadien Kalzeubet Pahimi Deube essaie de combler fossé budgétaire de 400 milliards de F CFA (610 millions d’euros) entre les recettes et les dépenses prévues cette année. Pour relancer l’économie intérieure, le gouvernement entend négocier le rachat de sa dette vis-à-vis des entreprises locales par les banques. Cette dette intérieure est estimée à 700 milliards de F CFA, et 5 000 emplois ont été perdus depuis le début de l’année. Un collectif budgétaire a revu à la baisse les prévisions budgétaires de 2015. Le gouvernement a même annoncé fin août le gel des augmentations de salaires.

 

« Il faut procéder à cet apurement », souligne le ministre des Finances, Leopold Ngarlenan Docdjengar. « Quand les entreprises ne sont pas payées, elles ne payent pas l’impôt et cela met aussi le Trésor en difficultés surtout dans le contexte actuel où les revenus pétroliers sont très faibles. » Fin juin, les services fiscaux n’avaient en effet pas atteint 30 % de recouvrement des impôts et taxes.

 

L’économie du Tchad – comme la plupart des pays producteurs africains de pétrole – subit les contrecoups de la baisse des cours du brut. Mais l’activité économique en dehors de l’industrie des hydrocarbures est elle aussi durement affectée dans un contexte où les exportations du pays sont en baisse.

 

Publié le 9 octobre 2015 à 11 h 33 min par Léa Duval

Laisser un commentaire