La CEEAC en marche contre la corruption

La CEEAC en marche contre la corruption

Souvent pointée du doigt, mais trop peu souvent combattue, la corruption gangrène l’économie de plusieurs pays d’Afrique centrale. A tel point que la région est considérée comme la première en terme de corruption. Une situation que les Etats souhaitent désormais combattre en mettant en place un Réseau des institutions nationales de lutte anticorruption (Rinac).

 

La corruption est un fléau trop souvent associé à l’Afrique. Malheureusement c’est une réalité dans beaucoup de pays d’Afrique centrale et les effets économiques sont pour le moins désastreux. Selon Albert Ekom, expert camerounais spécialisé dans la lutte anti corruption, les études faites par des institutions très sérieuses montrent que l’espace CEEAC « perd chaque année 40% de ses ressources à cause de la corruption ». Il souligne qu’ « aujourd’hui environ 55 milliards de dollars en flux financiers illicites quittent l’Afrique pour d’autres continents. La situation est grave et l’espace CEEAC à lui seul représente environ un tiers des richesses de l’Afrique. »

 

La situation est préoccupante, car comme le souligne l’édition 2015 du classement  du climat des affaires Doing Bussiness publié la Banque Mondiale, l’Afrique comprend 16 des pires pays pour réaliser des affaires. Plus précisément, quart d’entre eux sont issus d’Afrique centrale. L’impossibilité d’éradiquer la pauvreté et les difficultés d’atteindre les objectifs du millénaire de l’ONU s’expliquent par le fort taux de corruption selon un autre rapport de la CEA.

 

A l’ouverture de l’atelier à Libreville pour mettre en place le Réseau des institutions nationales de lutte anticorruption (Rinac), le Premier Vice-Premier  ministre, chargé de la Justice, Séraphin Moundounga a déclaré que « la criminalité qui exploite la fongibilité des frontières, aggravées par les évolutions technologiques, est devenue une menace sécuritaire multiforme dont les tentacules ne peuvent être contrôlées et anéanties par des actions cloisonnées de chaque Etat ». Une autre faiblesse qui participe de la forte corruption serait la présence au pouvoir sur de longues périodes des mêmes figures politiques. Une réalité dans plusieurs pays, mais dont les situations ne peuvent pas être comparées à cette seule lumière.

Publié le 8 octobre 2015 à 10 h 03 min par Mathilde Grandjean

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