La bière est-elle en train d’empoisonner le Cameroun ?

La bière est-elle en train d’empoisonner le Cameroun ?

Le Cameroun est-il en train de succomber au mirage de l’alcool et de la bière en particulier ? La consommation de ce breuvage encore peu cher est en plein boom et l’industrie de la bière emploie de nouvelles techniques imparables pour s’attirer de nouveaux consommateurs dont la dépendance ne tarde pas à se développer. Véritable phénomène de société, la bière n’est pourtant pas considérée comme un enjeu de santé publique par les responsables politiques.

 

Depuis plusieurs semaines le média Camer.be se répand sur la nouvelle problématique de santé publique auquel est confronté le Cameroun. Le « virus » s’appelle la bière. Boisson bien connue sous la plupart des latitudes, la bière est devenue ces dernières années un phénomène de mode aux conséquences négatives bien réelles. Avec 7 millions d’hectolitres consommés en 2014, le Cameroun décroche la première place du palmarès en Afrique. Un record peu flatteur qui est dû à une augmentation élevée de la consommation (+4,9 % en 2014).

 

Le succès de cette boisson alcoolisé tient à son prix encore peu élevé (680 francs CFA en moyenne), une augmentation sensible du nombre de points de ventes et la stratégie bien rodée des marques qui se partagent le marché. Afin d’attirer de nouveaux consommateurs et s’assurer d’une consommation toujours plus importante, un jeu a été mis au point. Sous les capsules de certaines bières figurent un logo avec comme cadeau un portable, une voiture, une villa ou une bière. La soif de jouer se conjuguant à l’envie de boire, beaucoup de nouveaux consommateurs viennent se joindre à la longue liste des adeptes de la bière. Les rues camerounaises sont désormais plus en proie à des débordements publics, des délits et les maladies liées à une consommation excessive progressent.

 

L’enjeu de santé public est réel, mais la réponse des autorités ne semble pas encore à la hauteur. Les prix ont bien augmenté, mais sans pour autant dissuader les Camerounais de se détourner de la bière. La règle des 500 mètres entre deux points de vente n’est pas respectée et les rentrées fiscales sont une nouvelle addiction pour les caisses de l’Etat. Mais laisser-faire une consommation à outrance est une politique de courte vue car au-delà des rentrées fiscales, les problèmes vont augmenter et rien que les dépenses de santé ne pourront être épongées par les revenus issus de la bière.

Publié le 3 octobre 2015 à 10 h 02 min par Léa Duval

Laisser un commentaire