Retour à un calme relatif dans les rues de Bangui

Retour à un calme relatif dans les rues de Bangui

La capitale centrafricaine a connu une flambée de violences ces derniers jours suite au décès d’un chauffeur de moto-taxi muslulman retrouvé assassiné dans la rue. Plusieurs quartiers ont alors été le théâtre de débordements meurtriers et de pillages. Le couvre-feu n’a pas été respecté depuis cinq nuits et la présidente de transition a dû rentrer précipitamment de New York où elle avait tenu un discours quelques heures plus tôt à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies.

 

Les barricades érigées dans de nombreux quartiers de Bangui commencent à disparaître lentement, mais le calme n’est toujours pas complet dans les rues de Bangui. La capitale de la Centrafrique a été prise d’un nouveau soubresaut de violences après la découverte du corps d’un moto-taxi de confession musulmane dans la nuit du 25 au 26 septembre dernier. Les violences se sont répandues dans de nombreux quartiers et le bilan provisoire et non officiel fait état d’une trentaine de morts. Accusée d’être trop peu réactive, la Minusca aurait toutefois ouvert le feu sur des manifestants qui se dirigeaient vers la résidence présidentielles. Chargées de défendre le bâtiment, les Casques bleus auraient ainsi causé le décès de trois manifestants et en auraient blessé sept autres. La Minusca dément formellement cette information dans un communiqué, mais indique que des vérifications seront faites afin de faire toute la lumière sur des événements qui pourraient jeter de l’huile sur un brasier déjà bien entretenu.

 

Les autorités estiment que cette nouvelle flambée de violences ne doit rien au hasard et qu’il s’agit d’une grave tentative de déstabilisation qui devait aboutir à un putsch. Rentrée d’urgence de New York où la situation en Centrafrique devait être discutée, Catherine Samba-Panza, présidente par intérim a pris la parole à la télévision et déclaré : « avec la dernière tentative de coup de force que nous venons de vivre, les élections risquent bien de s’éloigner. La nature politique de ces évènements est évidente. Il s’agissait ni plus ni moins d’une tentative de prise de pouvoir par la force ». La présidente a appelé à l’unité nationale et s’est adressé « en particulier toutes les forces vives de la nation, à savoir groupes armés, partis politiques, organisations de la société civile, syndicats, confessions religieuses, a reprendre le chemin du dialogue et la recherche du consensus. Dans un très bref délai, j’inviterai toutes les entités à une large concertation afin d’examiner les voies et les moyens de sortie de crise ».

 

Un appel primordial, mais qui risque de ne pas être entendu car les groupes qui ont intérêt à plonger le pays dans le chaos sont nombreux. Le désarmement de toutes les milices qui a une nouvelle fois été demandée par Catherine Samba-Panza est tout sauf une réalité. Les armes continuent à circuler librement et seules les forces internationales semblent pouvoir ramener quelque peu l’ordre. Du côté des institutions, le Parlement devrait être convoqué, mais de nombreux députés vivent dans des quartiers encore cernés par les barricades et il ne sera pas facile de tous les réunir. La situation est donc extrêmement tendue et pendant plusieurs heures c’est même le pouvoir démocratique de transition qui a vacillé. Le rôle de la communauté internationale est donc primordial pour un retour au calme à court terme et une transition démocratique à moyen terme.

Publié le 2 octobre 2015 à 10 h 02 min par Jean-Yves Denis

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