Ali Bongo : un président pas comme les autres

Ali Bongo : un président pas comme les autres

Ali Bongo est un personnage atypique. Fils d’Omar Bongo, président du Gabon pendant quatre décennies, Ali Bongo a pris les rênes du pays à la mort de son père en 2009. Mais l’homme n’est pas la seconde figure d’une monarchie républicaine qui ne dit pas son nom. Ali Bongo a changé la donne politique en s’attaquant à un système qu’il connaît sur le bout des doigts. Les alliés d’hier sont les plus farouches opposants d’aujourd’hui mais le président ne semble pas avoir peur de laisser la main.

 

Ali Bongo est un cas à part dans la vie politique africaine. Alors qu’il avait tous les leviers pour devenir un dictateur et régler le pays en coupe, le président en fonction depuis 2009 joue le jeu démocratique comme jamais le Gabon ne l’a connu. Dans une interview accordée à Jeune Afrique le 28 septembre, Ali Bongo dresse un état des lieux qui laisse penser que malgré l’opposition (parfois farouche), il sera confortablement réélu en 2016 grâce à un bilan économique positif.

 

La priorité affichée a été et est toujours la lutte contre la pauvreté, véritable fléau dans un pays où les richesses sont concentrées dans quelques mains habiles. Ali Bongo a commencé à casser ce monopole et s’est attiré les foudres d’anciennes personnalités proches de son défunt père. Mais pour qu’il y ait quelque chose à redistribution encore faut-il que des richesses soient créées. Entamé dans un contexte difficile, le mandat présidentiel devrait se terminer autour de 5 % de croissance par an grâce à la sortie progressive de la dépendance au pétrole. Un pari difficile, mais en passe d’être remporté.

 

Ali Bongo revient de manière très diplomate sur les tensions récentes entre Paris et Libreville. Interrogé au sujet de l’arrestation de son directeur de cabinet Maixent Accrombessi à Paris et la saisie de l’avion présidentiel, Ali Bongo affirme que l’entente est bonne avec les autorités françaises même s’il ne nie pas que la campagne de dénigrement en France contre les élites gabonaises semble être poussée par des forces qui se cachent. De même il réfute le fait d’entretenir des relations fraîches avec ses voisins d’Afrique centrale et se félicite de bien connaître les dirigeants qui l’entourent. Un atout pour discuter de sujets importants pour l’avenir de la région.

Publié le 1 octobre 2015 à 10 h 02 min par Laurent Fronsac

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