RDC : la cause des Pygmées avance

RDC : la cause des Pygmées avance

La République démocratique du Congo s’apprête à franchir une étape qui semblait encore inaccessible il y a peu. L’Assemblée nationale vient en effet d’inscrire à l’ordre du jour une loi qui vise à la protection des principes fondamentaux des peuples autochtones pygmées. Si des obstacles se dressent encore face à cette avancée historique, la RDC est bien en passe de réparer une injustice criante.

 

Ils sont entre 250 000 et 600 000 en RDC. Eux, ce sont les Pygmées, peuple vivant dans la forêt, loin des préoccupations matérielles et consuméristes. Mais l’Histoire est intraitable et la loi du plus fort implacable. Marginalisés, les Pygmées ne sont considérés que comme des gênes pour tous ceux qui veulent exploiter les nombreuses ressources naturelles enfouies dans la région. Le pouvoir n’a jamais fait cas de la situation des Pygmées et les expulsions brutales se sont succédé.

 

Les choses sont sur le point de changer car après un long travail de plusieurs années, les associations et défenseurs des droits civils ont finalement réussi à convaincre les députés de discuter d’une loi protégeant les peuples autochtones. L’idée est de donner aux Pygmées un statut qui leur revient et qui les protège de toutes les dérives capitalistes qui n’ont cure de leur mode de vie et de leur habitat. La RDC suit en cela des législations passées ces dernières années dans les pays voisins. La République centrafricaine avait montré la voie en 2010, bientôt suivie du Congo en 2011.

 

On l’imagine bien, une telle loi ne fait pas que des heureux et les obstacles à lever ont été nombreux et peuvent toujours empêcher l’adoption d’un texte à la portée historique. Comme cela est souligné dans un article du Monde, la loi n’est qu’un cadre légal. Il s’agit d’une étape importante, mais qui ne peut résoudre à elle seule les décennies de relations « compliquées » entre Pygmées et Bantus. Seule une entente sur le terrain et le respect de chacun fera de cette loi une réalité et non pas un projet mort-né qui ferait honte à tous.

Publié le 30 septembre 2015 à 10 h 03 min par Léa Duval

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