L’ONU s’inquiète pour les populations du bassin du lac Tchad

L’ONU s’inquiète pour les populations du bassin du lac Tchad

Les dernières semaines ont donné des signes encourageants dans la lutte contre Boko Haram. La coordination entre les Etats est meilleure et on assiste à un certain repli de la part des terroristes. Toutefois, cette évolution positive ne peut pas masquer la terrible réalité pour les populations victimes depuis deux ans de la folie meurtrière de la secte terroriste. L’ONU vient de rappeler que ce sont 2,3 millions de personnes déplacées dans le bassin du lac Tchad.

 

Après deux années de terreur, le bilan humain est très mauvais. Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, Stephen O’Brien, a exprimé ses inquiétudes à la communauté internationale vendredi dernier. Le bassin du lac Tchad « est le théâtre d’une crise de déplacement qui évolue rapidement, avec 2,3 millions de personnes qui ont été forcées de quitter leurs maisons depuis mai 2013 ». Le chiffre est impressionnant et Stephen O’Brien regrette que malgré l’ampleur du problème, la mobilisation ne soit pas très forte.

 

Au Siège New-Yorkais de l’ONU, Stephen O’Brien a déclaré : « nous devons faire davantage pour ces gens et ces communautés, pas seulement parce que c’est notre devoir mais parce que cette région est à un carrefour connectant l’Afrique du Nord, le golfe de Guinée riche en ressources, et l’ensemble de la région du Sahel de l’Atlantique à la mer Rouge ». La lutte contre Boko Haram doit s’accompagner d’efforts supplémentaires pour protéger les populations déplacées, mais les premiers pays touchés ne sont pas forcément en mesure d’assurer un accueil correct à un si grand nombre de personnes.

 

En effet, le bassin du Tchad est une des régions les plus pauvres du monde et ces dernières années ont été très difficiles en raison de la sécheresse et des inondations qui ont frappé à plusieurs reprises. « Environ 5,5 millions de personnes n’ont pas assez à manger, ou ne peuvent pas se procurer d’aliments nutritifs. Le choléra est une menace régulière, avec 37.000 cas et 760 décès au Cameroun, au Niger et au Nigéria l’année dernière ». Et Boko Haram s’ajoute à un tableau déjà bien compliqué. Autant dire que les efforts de la communauté internationale sont plus que nécessaires pour venir en aide à ces millions de personnes déplacées.

Publié le 29 septembre 2015 à 10 h 03 min par Marc Lallemand

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