Burundi : des mandats d’arrêt internationaux contre l’opposition

Burundi : des mandats d’arrêt internationaux contre l’opposition

La crise au Burundi franchit un nouveau cap après l’annonce par le procureur général de la République de l’émission de mandats d’arrêt internationaux contre plusieurs grandes figures de l’opposition. Ce 17 septembre, le procureur a affirmé que plusieurs partis d’opposition et médias étaient responsables de l’organisation d’un mouvement d’insurrection et qu’ils avaient pris part à la tentative de putsch du 13 mai.

 

L’élection de  Pierre Nkurunziz pour un troisième mandat présidentiel en juillet dernier continue d’alimenter une grave crise politique entre un pouvoir recroquevillé sur lui-même et une opposition qui ne lâche rien malgré les tentatives de déstabilisation qui se soldent par des arrestations arbitraires et des meurtres restés impunis. Une justice aux abonnés absents qui vient de signer une nouvelle séparation entre pouvoir et opposition en émettant des mandats d’arrêt internationaux contre plusieurs figures de la contestation au président Nkurunziz.

 

A l’occasion d’une conférence de presse qui s’est tenue dans la capitale, le procureur général de la République a affirmé que « dans l’enquête menée, il ressort que les organisateurs civils du mouvement insurrectionnel étaient constamment en contact avec les responsables putschistes, et militaires et policiers, a détaillé le procureur. Dans leurs plans, le renversement des institutions – faire un putsch – constituait l’ultime étape du mouvement insurrectionnel ». Un mouvement soutenu par certains médias et journalistes selon le procureur général.

 

Pas moins de six partis politiques et vingt-cinq associations de la société civile sont nommément accusés d’être liés aux auteurs d’une tentative du coup d’Etat militaire du 13 mai. Président à deux reprises de l’Assemblée nationale, Jean Minani fait partie des personnages suspectés. Il réagit en affirmant que « le procureur général n’est plus procureur général de la République et est devenu tout simplement un partisan de monsieur Pierre Nkurunziza […] Nous disons d’ores et déjà que personne n’a jamais gagné une guerre contre le peuple. C’est toujours le peuple qui a raison à la fin ». Une fin peut-être heureuse, mais qui sera précédée, semble-t-il, de nouvelles et nombreuses atrocités commises pour un pouvoir qui ne règne plus que par la terreur.

Publié le 19 septembre 2015 à 10 h 01 min par Emmanuel Samba

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