RDC : l’UDPS quitte la table des négociations

RDC : l’UDPS quitte la table des négociations

L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), principale composante de l’opposition en République démocratique du Congo (RDC), a mis fin dimanche aux négociations entamées avec les représentants du président Joseph Kabila pour préparer l’élection présidentielle de novembre 2016. Ces pourparlers tenus à Venise et à Ibiza ont fini en queue de poisson le 13 septembre lorsqu’Étienne Tshisekedi, a demandé « à ses délégués de se retirer, dès cet instant, de la table des négociations. »

 

Les négociations de Venise et d’Ibiza entre l’UDPS, derrière son principal leader historique Étienne Tshisekedi et celui du chef de l’État congolais, qui « avaient pour but de prédéfinir le format, la thématique et de régler tous les problèmes liés à l’organisation d’un dialogue devant se dérouler à Kinshasa » ont échoué. Et pour tout dire, on s’y attendait quelque peu. Les discussions, d’abord secrètes puis officielles, entamées à Venise (Italie) et à Ibiza (Espagne) pour tenter de dégager un modus vivendi autour des termes de référence devant soutenir le prochain dialogue national, n’ont rien donné. Alors qu’ils étaient censés prédéfinir le format, la thématique tout en essayant de régler les problèmes liés à l’organisation dudit forum, les délégués de deux camps ne sont pas parvenus à un consensus. Tirant les conséquences du fiasco auquel ont abouti ces pourparlers, le leader de l’UDPS a simplement demandé à ses représentants de se retirer de la table des négociations.

 

« L’Union pour la Démocratie et le Progrès social (…) a pris acte de l’échec des entretiens de Venise et d’Ibiza ayant mis aux prises ses représentants et ceux du camp Kabila et a demandé à ses délégués de se retirer dès cet instant de la table des négociations. » Accusant Kabila de chercher à gagner du temps, l’opposition refuse le calendrier électoral qui prévoit une douzaine de scrutins locaux, régionaux et nationaux avant la présidentielle, qui pourrait donner lieu à la première alternance pacifique en RDC. Le Conseil constitutionnel a ordonné récemment une révision de ce calendrier qu’elle a jugé intenable pour des raisons politiques et budgétaires, ce qui pourrait annoncer le report de l’élection.

 

Considérant « le danger qu’il y a de mettre en péril les acquis de nos longues années de lutte pour le changement démocratique et vu l’importance des enjeux pour la nation », Étienne Tshisekedi lance également un « appel solennel à toutes les forces politiques et acquises au changement, de s’unir. » M. Tshisekedi, 82 ans, appelle toutes les forces politiques et sociales acquises au changement à poursuivre les objectifs recherchés au travers du dialogue : l’organisation d’un processus électoral crédible et dans un climat apaisé, l’élaboration d’un calendrier [électoral] consensuel et qui tienne compte des délais constitutionnels et le transfert pacifique du pouvoir, sans le pouvoir, justement. Le climat est plus tendu que jamais en RDC à l’approche d’un cycle électoral censé commencer en octobre et mener à la présidentielle de novembre 2016, à laquelle la Constitution interdit à M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se présenter. Le président ne s’est jamais exprimé publiquement sur ses intentions. L’opposition et une partie croissante de la majorité accusent son clan de comploter pour le maintenir au pouvoir au-delà du terme de son mandat.

 

Sept dirigeants de la majorité en République démocratique du Congo dénoncent dans une lettre au président Joseph Kabila publiée lundi la « stratégie suicidaire » suivie selon eux par le pouvoir en entretenant la « confusion » sur la « tenue des prochaines élections ». L’évolution politique des dernières semaines a « conduit l’écrasante majorité des Congolais à la conviction qu’il y a des intentions inavouées de ne pas respecter la Constitution », ajoutent les membres de ce groupe, surnommé G7, dans ce texte publié à la veille de la rentrée parlementaire. « Quant à la tenue des prochaines élections tant attendues par le Peuple congolais, chaque jour qui passe apporte plus de confusion que de clarté », ajoute la lettre. La lettre est notamment signée par Yves Mobando-Yogo, vice-président du Mouvement social pour le renouveau, plus gros parti de la coalition gouvernementale après le PPRD, et par Olivier Kamitatu, président de l’Alliance pour le renouveau du Congo (ARC) et ministre du Plan. Jusqu’à présent, rares sont ceux, au sein de son camp, qui ont osé interpeller M. Kabila aussi ouvertement que le fait le G7 en plaidant pour une « alternance politique » au sein de la majorité. Pour respecter la lettre et l’esprit de la Constitution, les frondeurs estiment qu’il n’y a pas d’autre choix aujourd’hui que de reporter les élections locales à une date ultérieure à la présidentielle de novembre 2016 afin de permettre à celle-ci de se tenir dans les temps prescrits.

 

Tshisekedi est arrivé deuxième à la présidentielle de 2011, remportée par M. Kabila et marquée par des fraudes massives. Après l’annonce officielle des résultats, il s’était proclamé président élu et avait jusqu’au mois de juin toujours refusé de négocier avec le pouvoir pour désamorcer la crise politique qui, jusqu’à aujourd’hui, a empêché la tenue de tout scrutin.

 

Publié le 15 septembre 2015 à 14 h 32 min par Emmanuel Samba

Laisser un commentaire