RDC : 21 milliards de dollars pour sauver la planète

RDC : 21 milliards de dollars pour sauver la planète

Le financement de la COP21 est une problématique de plus en plus présente à mesure que se profile la Conférence qui se tiendra à Paris à compter du 30 novembre 2015. La peur d’un échec est palpable et le fond du problème ne semble plus être vraiment les objectifs fixés mais les moyens financiers pour y parvenir. A l’image de la République démocratique du Congo qui demande 21 milliards pour assurer son ambitieuse contribution, les pays en développement souhaitent que les pays les plus pollueurs mettent la main au portefeuille.

 

La République démocratique du Congo est un des très rares pays africains à avoir déposé officiellement sa contribution à moins de 100 jours de la Conférence de Paris sur le climat. Malgré les enjeux quasi-existentielles, la COP21 ne semble pas susciter un grand enthousiasme et l’on peut se réjouir qu’un pays aussi important que la RDC ait pris conscience du problème. Mais pourquoi la RDC est-il si importante en la matière ? Tout simplement parce qu’elle abrite le second poumon de la planète avec une forêt grande de 300 millions d’hectares. La forêt retient naturellement le carbone et évite ainsi une diffusion de ce gaz néfaste pour le climat. La contribution de la RDC est donc une excellente nouvelle, mais elle ne prendra pas forme sans certaines concessions.

 

 

Kinshasa entend réduire la déforestation et la dégradation de son patrimoine forestier et diminuer de 17 % son taux d’émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030. Sont donc en jeu 77 millions de tonnes de CO2. Si les objectifs sont louables, ils sont intimement corrélés à un geste financier conséquent de la part des pays riches ou souvent dits « pollueurs ». Le ministre de l’Environnement de la RDC, Bienvenu Liyota, a précisé que le pays attendait un soutien financier de l’ordre de 21 milliards de dollars afin de mettre en place sa politique environnementale qui comprend notamment une transformation complète de son modèle agricole.

 

 

21 milliards de dollars, c’est beaucoup surtout que les financements tardent à venir. L’enveloppe de 100 milliards décidée en 2009 n’a été alimentée qu’à hauteur de 10 % et les craintes de voir se profiler un échec de la COP21 sont plus fortes à mesure que s’approche l’ouverture de la Conférence. Il y a quelques jours, François Hollande, hôte de la COP21 a déclaré : « Il n’y aura pas d’accord, notamment parce que les pays émergents s’y refuseront, s’il n’y a pas d’engagement ferme sur les financements ». Si le constat semble implacable, les bonnes volontés se fracassent contre le mur de l’argent. Rien n’est gagné. La contribution de la RDC pourrait rester lettre morte et le COP21 pourrait signifier la fin des espoirs dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Publié le 12 septembre 2015 à 10 h 03 min par Jean-Yves Denis

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