L’ONU pour une action « plus robuste » contre les groupes armés en Centrafrique

L’ONU pour une action « plus robuste » contre les groupes armés en Centrafrique

Le Haut Commissaire aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a appelé lors d’une visite la semaine dernière à Bangui à une action « bien plus robuste » contre les groupes armés qui, dans plusieurs régions de Centrafrique, continuent de commettre de nombreux crimes en toute impunité.

 

Les groupes armés de Centrafrique sont dans le collimateur de l’organisation des Nations Unies (ONU). Les chefs rebelles musulmans (ex-Sélaka) et les leaders des milices chrétiennes anti-balaka, responsables d’exactions en République centrafricaine, doivent être arrêtés et traduits en justice, a estimé le Haut Commissaire de l’Onu aux droits de l’homme, vendredi. « Les dirigeants les plus connus, qui ont du sang sur les mains, ne sont pas arrêtés, sans parler d’être inculpés, jugés et condamnés », a déclaré Zeid Ra’ad Al Hussein.  » Je pense qu’il faudrait une approche bien plus robuste envers ces groupes armés, afin qu’ils commencent à comprendre qu’ils ne peuvent pas impunément bafouer l’état de droit quand, où et comme ils le souhaitent. » Il a appelé au renforcement de la Mission des Nations unies (MINUSCA ) en Centrafrique afin quelle puisse faire un usage plein et entier du mandat fort du Chapitre 7 qui lui a été conféré par le Conseil de sécurité.

 

Depuis la chute de François Bozizé, le pays est plongé dans le chaos. Jusqu’à présent, les autorités de transition dirigées par Catherine Samba Panza n’ont pas réussi à s’imposer pour assurer la sécurité dans tout le pays. Bien que la MINUSCA et les troupes françaises de la force Barkhane soient toujours présentes en Centrafrique, la violence est toujours de mise dans le pays, qui compte encore de nombreux groupes armés. L’arrière pays est livré à lui-même et de nombreuses exactions commises par des milices dans l’impunité. « Les États qui ont promis mais pas encore fourni le total des contingents militaires et policiers aux forces de maintien de la paix de l’ONU, ni les équipements vitaux comme les hélicoptères d’attaque, devraient intensifier leurs efforts car ils font cruellement défaut. » La MINUSCA , composée de contingents d’une dizaine de pays, dispose actuellement de quelque 9.200 militaires et 1.580 policiers, ainsi que de personnel civil.

 

Zeid Ra’ad Al Hussein Zeid estime aussi que « le désarmement devrait être une priorité absolue. Les criminels et meurtriers notoires doivent être traduits en justice, quel que soit le groupe auquel ils appartiennent. Mais pour que cela arrive, il faut que les gouvernements présents et futurs ainsi que leurs soutiens internationaux, dont ma propre organisation, accroissent leurs efforts pour mettre en place une justice qui fonctionne. » Le Haut Commissaire a estimé que les casques bleus de la MINUSCA devaient montrer plus de fermeté à l’égard des chefs de guerre et des groupes armés pour faire cesser les abus et les violences.

 

L’effectif de la force Sangaris, déployée en Centrafrique depuis le 5 décembre 2013, a été réduit lors de ces dernières semaines. Désormais, elle compte environ 900 hommes et son dispositif s’articule autour du Groupement tactique interarmes (GTIA) Centurion, composé principalement par des éléments du 1er Régiment étranger de cavalerie (1er REC), du 2e Régiment étranger d’infanterie (2e REI), du 1er Régiment étranger de génie (1er REG) et du 3e Régiment d’artillerie de marine (3e RAMa). Ce désengagement progressif des militaires français de Centrafrique s’est traduit, début août, par la cession de la base opérationnelle avancée de Bambari (centre-est) à un bataillon congolais de la MINUSCA . Seulement, ceux qui veulent toujours en découdre n’ont pas tardé à faire parler la poudre : deux semaines plus tard, des affrontements ayant opposé des miliciens anti-balaka et d’éléments de l’Unité du peuple centrafricain (UPC), une branche de l’ex-Seleka commandée par le général Ali Darass, ont fait au moins une dizaine de tués à Bambari.

 

Sinistre écho à ses propos, deux civils ont été tués, mercredi soir – soit cinq jours après cet appel- à Bangui, par des grenades lancées par des inconnus armés dans deux quartiers de la capitale centrafricaine, a annoncé, ce jeudi 10 septembre 2015, la MINUSCA. « Des individus armés non-identifiés ont lancé au moins deux grenades dans les quartiers Petevo et Fatima qui ont causé la mort de deux personnes et fait de nombreux blessés », a précisé la MINUSCA dans un communiqué.

 

Publié le 11 septembre 2015 à 17 h 05 min par Léa Duval

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