La Guinée équatoriale voit d’un mauvais œil les travailleurs chinois

La Guinée équatoriale voit d’un mauvais œil les travailleurs chinois

La crise économique qui touche de plein fouet la Guinée équatoriale pourrait faire des victimes à première vue inattendues : les travailleurs chinois. Venus en masse dans les bagages des nombreuses entreprises chinoises sur place pour développer les infrastructures et prendre part à l’essor de l’exploitation du pétrole, les travailleurs chinois sont pointés du par les autorités guinéennes. L’activité économique ne profite pas assez aux équato-guinéens qui sont rudement frappés par le chômage.

 

Maintes fois dénoncée, la présence de nombreux travailleurs chinois pose un problème de taille avec la crise économique qui frappe le pays. La baisse des prix du pétrole a un impact considérable sur les finances équato-guinéennes qui a perdu 58 % de ses recettes pétrolières. Aucune statistique officielle n’existe, mais parmi la population la colère monte en raison de la progression du chômage. Les entreprises réduisent leurs activités ou ont été obligées de fermer. Seules les compagnies chinoises continuent de fonctionner à un rythme normal, mais elles emploient des travailleurs qui ne sont pas locaux.

 

C’est pourquoi « le gouvernement de Guinée Equatoriale appelle les entreprises chinoises à respecter le code du travail du pays en employant les nationaux ». Le code du Travail exige que les entreprises dans le bâtiment ne dépassent pas 10 % d’expatriés et 30 % dans le secteur agricole et pétrolier. Des proportions qui ne sont en rien respectées au grand dam des Equato-guinéens à la recherche d’un emploi. Le Gouvernement réagit aujourd’hui car fortement conspué pour avoir fermé les yeux jusque-là. La corruption serait la cause d’un code du Travail jamais appliqué.

 

Côté chinois, l’emploi d’une main-d’œuvre expatriée s’explique très simplement. Un membre du ministère de la Justice qui préfère rester anonyme affirme que « les entreprises chinoises préfèrent leurs compatriotes parce qu’elles les paient moins cher et les font beaucoup travailler. Ils évitent d’employer les Equato-Guinéens pour ne pas avoir de problèmes avec la justice ». Une situation amenée à changer si les autorités locales veulent éviter une progression de la pauvreté et une colère sociale aux conséquences imprévisibles.

Publié le 10 septembre 2015 à 10 h 04 min par Emmanuel Samba

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