Ça chauffe pour la Camair-Co

Ça chauffe pour la Camair-Co

La grogne des clients de la Camair-Co a pris des proportions (qui auraient pu être) dramatiques ce lundi 7 septembre. L’agence régionale de la compagnie aérienne a été victime d’une violente manifestation à Yaoundé. Certains voyageurs ont tenté d’y mettre le feu, mais ont été repoussés par les forces de l’ordre. Un épisode hors du commun qui vient souligner les difficultés d’une compagnie qui devait faire la fierté du Cameroun.

 

Des pneus brûlés, des objets balancés contre la devanture et beaucoup de frustration. Voilà en résumé ce qui s’est passé hier matin devant le siège régional de Yaoundé de la Camair-Co. Pourquoi un tel déchaînement de violence qui aurait pu tourner très mal si la police ne s’était pas rapidement interposée ? Depuis des semaines la Camair-Co jongle entre les annulations et les retards conséquents. Cerise sur le gâteau, aucune explication n’est jamais donnée, laissant les voyageurs dans l’expectative sans aucune certitude de départ. Plusieurs centaines d’entre eux seraient actuellement dans les aéroports camerounais à attendre un vol devenu hypothétique.

 

La compagnie lancée en 2011 devait pourtant faire la fierté du pays après l’échec de la Cameroun Airlines. L’Etat, unique actionnaire devait s’assurer de la viabilité du projet, mais les espoirs ont été vites douchés. Le management erratique est une illustration des faiblesses de l’entreprise. Quatre directeurs généraux se sont succédés en… quatre ans. Les effectifs seraient beaucoup trop importants au regard du nombre restreint d’appareils. Ce qui pose une nouvelle question pour le moins essentielle : la sûreté des avions.

 

Selon Koaci, la flotte de Camair-Co est de 14 appareils. Ça, c’est sur le papier, car selon les informations recueillies, seuls cinq avions sont en état de voler. Les 9 autres sont cloués au sol pour des raisons techniques. Que penser de la sûreté des quelques appareils qui volent encore dans le ciel camerounais ? Les annulations et retards font partie du quotidien de la compagnie et si rien n’est fait un crash (au sens propre comme au figuré) ne serait malheureusement pas simplement hypothétique. Une réponse des dirigeants de la compagnie, mais aussi des autorités politiques se fait toujours attendre.

Publié le 8 septembre 2015 à 10 h 02 min par Mathilde Grandjean

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