Burundi : le nouveau Gouvernement fait la part belle aux faucons

Burundi : le nouveau Gouvernement fait la part belle aux faucons

La composition du nouveau Gouvernement burundais donne les clés de l’état d’esprit du président Pierre Nkurunziza. Largement contesté depuis son élection à un troisième mandat, le président se fait extrêmement rare publiquement, mais a décidé de s’entourer de sa garde rapprochée pour continuer à diriger un pays qui sombre dans la guerre civile. Trois nouvelles nominations attirent particulièrement l’attention.

 

Quitte ou double. C’est ainsi qu’on peut comprendre la position de Pierre Nkurunziza. Les tensions et assassinats de ces dernières semaines laissées craindre un autoritarisme encore plus grand et les analystes qui penchaient pour ce scenario ne se sont finalement pas trompés. La composition du nouveau gouvernement est un plébiscite pour le parti du président, mais pas seulement. C’est aussi et surtout une victoire pour l’aile dure du parti. Le message est explicite. Il n’y aura pas de négociations, le pouvoir est en place et entend bien y demeurer.

 

C’est ainsi qu’est interprétée la venue de trois nouveaux ministres qui ne sont pourtant pas des inconnus. C’est d’ailleurs leur réputation qui fait dire que le pouvoir ne cessera de se montrer inflexible face aux protestations de l’opposition et de la rue. Figure la plus symbolique, Alain Guillaume Bunyoni. Ministre de la Sécurité publique entre 2007 et 2011, il retrouve ce même poste et confirme par là qu’il est bien l’un des personnages les plus influents du régime. L’homme est craint et sa nomination ne doit rien au hasard. Egalement nommés, Gilbert Nizigama devient le directeur adjoint et Évariste Ndayishimiye prend la tête du cabinet présidentiel tandis que le nouveau directeur de cabinet n’est autre que le général Évariste Ndayishimiye. L’homme était un proche du général Adolphe Nshimirimana assassiné par un tir de roquette au début du mois d’août.

 

Preuve que le climat est loin d’être serein, Pierre Nkurunziza ne s’est même pas rendu aux funérailles du général. Les autorités ont déclaré que les conditions de sécurité n’étaient pas réunies. La question est de savoir quand la sécurité sera assurée dans les rues des villes burundaises. Et si le rétablissement de l’ordre ne sera pas le signe d’un pouvoir définitivement passé du côté de l’auroritarisme.

Publié le 2 septembre 2015 à 10 h 04 min par Mathilde Grandjean

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