Centrafrique : l’ex-président François Bozizé tente un come-back

Centrafrique : l’ex-président François Bozizé tente un come-back

En Centrafrique, deux ans après avoir été chassé du pouvoir, François Bozizé est sur le retour. Bozizé va rentrer d’exil pour se présenter à l’élection présidentielle prévue en octobre, a annoncé lundi 10 août le chef de file du Kwa Na Kwa, son parti. En exil en Ouganda et interdit de voyage par l’ONU, visé par des poursuites devant le TPI et poursuivi par la justice locale ce retour pourrait se montrer bien délicat.

 

Plus de deux ans après avoir été chassé du pouvoir, l’ex-président centrafricain François Bozizé entend bien revenir à Bangui en vue de l’élection présidentielle prévue le 18 octobre prochain. L’ancien chef de l’État, aujourd’hui exilé en Ouganda, a justifié son retour par l’instabilité qui prévaut, selon lui, en Centrafrique. Il compte cette fois sur les urnes, et non plus les armes. « Deux années et demie se sont écoulées et le peuple centrafricain a su faire la différence entre ce qui existait en mon temps et ce que nous constatons maintenant », a-t-il affirmé. Rien, sur le plan juridique, n’empêche l’ex-président, âgé de 69 ans, de présenter sa candidature. Mais il existe des obstacles pratiques – notamment le gel des avoirs de l’ancien putschiste et l’interdiction de voyager prise contre lui le 9 mai 2014 par les Nations Unies.

 

« Aucune campagne électorale ne peut être menée à distance, donc François Bozizé va rentrer au pays et nous ferons tout notre possible pour qu’il rentre », a déclaré, lundi, Bertin Bea, secrétaire général du Kwa Na Kwa (KNK), le parti de François Bozizé qui l’a officiellement désigné, samedi, candidat à la magistrature suprême. « Deux ans et demi se sont écoulés et je pense que le peuple centrafricain a su faire la différence entre ce qui existait en mon temps et ce que nous constatons aujourd’hui. » Il a ajouté qu’il qu’il appartenait aux autorités de transition d’assurer la sécurité du futur candidat. Ce retour de l’ancien président François Bozizé ne serait pas sans risque alors que ce dernier fait l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé par le gouvernement en 2013 pour crimes contre l’humanité et incitation au génocide. Plus grave : si les dossiers que la Cour pénale internationale (CPI) instruit à la demande de Catherine Samba-Panza, la président de la transition, sont jugés assez solides, Bozizé pourrait être extradé vers La Haye.

 

François Bozizé a été renversé en mars 2013, après dix ans de pouvoir, par l’alliance rebelle Séléka. Son éviction du pouvoir a ouvert une période d’instabilité et de violences en République centrafricaine, marquée entre autres par les attaques des milices « anti-balaka » visant les musulmans assimilés à l’ex-rébellion Séléka. Ces événements ont notamment conduit à d’importants déplacements de population. Des centaines de milliers d’habitants connaissent de graves problèmes humanitaires, d’autres se sont réfugiés dans des pays voisins dont le Cameroun. La France avait envoyé sur place plusieurs milliers de soldats à partir de la fin 2013 pour tenter de mettre fin aux violences. La force française Sangaris a aujourd’hui laissé la place à la Minusca, une mission des Nations unies, mais la situation demeure largement instable dans le pays.

 

Le général François Bozizé avait pris le pouvoir par la force en 2003, et fut renversé 10 ans plus tard, le 24 mars 2013, par une rébellion à dominante musulmane venue du Nord. François Bozizé avait d‘abord trouvé refuge au Cameroun avant de s’en aller dans d’autres pays dont le Kenya et l’Ouganda.

 

Publié le 21 août 2015 à 14 h 18 min par Emmanuel Samba

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