Boko Haram en perte de vitesse

Boko Haram en perte de vitesse

Dans les colonnes de Cameroonvoice, le journaliste Jean-Marc Soboth explique que la multiplication des attentats suicides perpétrés par Boko Haram est le signe d’une mise en échec de la secte islamique. La coopération inter-africaine fonctionne plutôt bien après de longs mois d’errance et a largement freiné l’expansion terroriste. La conquête territoriale devenant extrêmement compliquée, les islamistes se replient sur une stratégie moins coûteuse : les attentats suicides.

 

Nigeria, Cameroun, Tchad, aucun pays aux prises avec Boko Haram n’échappe à la terreur engendrée par les attentats suicides. Destinés à paralyser par les Etats et les populations par la peur, ces attentats sont malgré tout le signe d’un reflux du groupe islamiste qui est confronté à une coalition africaine de plus en plus efficace. C’est en tout cas l’avis exprimé par Jean-Marc Soboth dans une interview accordée à Cameroonvoice. Boko Haram utiliserait la même technique que les shebabs en Somalie et au Kenya une fois la prise de territoire devenue impossible en raison de forces étatiques mieux organisées.

 

Selon le journaliste, le groupe – encore très dangereux – n’est plus en mesure d’enrayer les processus électoraux au Tchad, au Cameroun et même au Nigeria même si malheureusement des attentats suicides émailleront certainement les prochains mois. Le coup d’arrêt porté à Boko Haram est salutaire dans la mesure où le groupe est encore plus sanguinaire que Daech bien que les relais médiatiques en occident soient moins importants. En 2013 et 2014 Boko Haram a plus assassiné que Daech. Si sur le terrain la situation tend à évoluer favorablement, Jean-Marc Soboth n’en demeure pas moins très critique vis-à-vis des puissances occidentales pour leur rôle joué dans la montée en puissance des islamistes.

 

La déstabilisation de la Libye et le chaos actuel qui prévaut dans ce pays a été la source de l’expansion militaire rapide des islamistes. La livraison d’armes par la France à des groupes qui ne cessent de combattre les pouvoirs en place et tuent sans la moindre retenue est mise en exergue par le journaliste. La « faute » de l’OTAN en Libye a déchainé des forces qui ne montrent aucune humanité et si Kadhafi n’était pas un personnage recommandable, il était dans le vrai lorsqu’il annonçait une menace terrible des islamistes. Le « verrou » libyen est tombé et les pays africains sont en première ligne pour réparer les erreurs des Occidentaux.

Publié le 21 août 2015 à 10 h 02 min par Mathilde Grandjean

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