Boko Haram : Le Cameroun s’implique dans la coalition internationale

Boko Haram : Le Cameroun s’implique dans la coalition internationale

2450 hommes. C’est la force que va mettre à disposition le Cameroun pour lutter contre Boko haram dans le cadre de la coalition internationale. Attendue depuis des mois, cette coalition se met finalement en place et pourrait porter un coup décisif contre le groupe islamiste. Du côté des chancelleries, le moral est bien meilleur qu’il y a quelques mois même si un trop plein d’enthousiasme n’est jamais trop bon.

 

 

La Force multinationale mixte de la Commission du bassin du Lac Tchad (Cblt) verra donc la présence de 2450 soldats camerounais. L’annonce d’Edgar Alain Mebe Ngo’o, ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense était attendue par tous les acteurs de la lutte contre Boko Haram. Plusieurs hauts gradés prendront part au commandement unifié avec en premier lieu le général de Brigade Nka Valère qui occupera le poste d’adjoint au commandant de la force. Le Nigeria avait déjà annoncé que le général Illya Abbah commanderait la coalition basée dans la capitale tchadienne – Ndjamena. Le nombre d’hommes devrait être d’environ 8 500 lorsque l’ensemble du dispositif sera sur pied. La coalition vise l’anéantissement de Boko Haram sous douze mois.

 

Un calendrier plutôt optimiste au regard des difficultés initiales dans la lutte contre les combattants terroristes. Une des forces de Boko Haram est son nom respect des frontières qui a longtemps perturbé les Etats dans la réponse militaire. La force internationale ne sera pas contrainte par les frontières et sera présente dans le nord-est du Nigeria, au nord du Cameroun, sur la ceinture du lac Tchad et une partie du Niger. Une question importante reste cependant à régler : le financement de cette machine de guerre. Les Etats attendent que certains pays occidentaux passent des paroles aux actes en finançant une partie de la coalition.

 

Son succès en dépend au moment où Boko Haram semble donner des signes d’essoufflement. Interrogé par le Journal du Cameroun, Corentin Cohen explique qu’ « il y a un an, Boko Haram était dans une phase de territorialisation et on avait l’impression que les armées et surtout l’armée nigériane perdaient complètement le contrôle de la situation ». Cette dernière s’est peu à peu renversée avec l’élection de Muhammadu Buhari au Nigeria et l’installation progressive de la force internationale. Selon le chercheur à Sciences-Po Paris, la volonté de se rapprocher de l’Etat islamique est le signe que Boko Haram est en perte de vitesse et cela dénote surtout une volonté d’exister médiatiquement. La situation sur le terrain est telle que le président tchadien Idriss Déby Itno a déclaré que « la guerre va se terminer avant la fin de l’année ». Si l’optimisme présidentiel est peut-être à modérer, il semble bien que la balle soit aujourd’hui dans le camp de la coalition.

Publié le 18 août 2015 à 10 h 03 min par Marc Lallemand

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