Prison à perpétuité requise contre les assassins de Floribert Chebaya

Prison à perpétuité requise contre les assassins de Floribert Chebaya

Le ministère public a requis jeudi la prison à perpétuité dans le procès en appel de cinq policiers accusés de l’assassinat, en juin 2010, du militant des droits de l’Homme Floribert Chebeya.

 

Plus de cinq ans après son assassinat Floribert Chebeya, le militant des droits de l’homme fondateur de l’ONG la Voix des sans-voix (VSV), pourrait obtenir finalement justice. Il avait été retrouvé mort le 2 juin 2010, après avoir été convoqué au siège de l’inspection générale de la police. Il devait y rencontrer le général John Numbi, qui était alors chef de la police. Son chauffeur de M. Chebeya, Fidèle Bazana, a disparu après l’avoir déposé à ce rendez-vous, et la justice a conclu qu’il avait lui aussi été assassiné.

 

Son corps n’a jamais été retrouvé. Suspendu de ses fonctions peu après l’assassinat, ce dernier a toujours nié avoir donné ce rendez-vous, mais les parties civiles le considèrent comme le suspect numéro un. Le procureur a requis, jeudi 13 août, une peine de servitude pénale à perpétuité pour association de malfaiteurs et assassinat contre les cinq prévenus présents devant la Haute cour militaire de la RDC. Ce réquisitoire rejoint les demandes formulées par les avocats des parties civiles dans leur plaidoirie de la semaine dernière. Finalement pas de peine de mort requise, comme en première instance, mais la prison à perpétuité pour l’ensemble des prévenus présents.

 

En première instance en 2011, les organisations de défenses des droits de l’Homme et les parties civiles avaient dénoncé une enquête bâclé. Puis le procès en appel s’est ouvert en juin 2012. Après près de deux ans d’interruption, il a repris en avril de cette année. La Haute Cour a alors décidé rapidement de suspendre les poursuites en appel contre trois des policiers condamnés à mort sont en fuite. L’un d’eux, le major Paul Mwilambwe, contre qui une procédure est ouverte au Sénégal dans le cadre de l’affaire Chebeya, a directement mis en cause le général Numbi.

 

« Le réquisitoire du ministère public répond à la mémoire des défenseurs des droits de l’homme Chebeya et Bazana qui se sont battus tout au long de leur vie contre la peine capitale », s’est réjoui Me Richard Bondo, avocat des parties civiles. Les avocats de la défense doivent commencer leur plaidoirie le 20 août.

Publié le 15 août 2015 à 16 h 20 min par Mathilde Grandjean

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