L’ONU confrontée aux accusations de viols en Centrafrique

L’ONU confrontée aux accusations de viols en Centrafrique

La Mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) a ouvert une enquête suite aux accusations communiquées mardi 11 août par Amnesty international sur le viol d’une fillette et les homicides d’un adolescent de 16 ans et de son père. Le chef de la mission a remis sa démission mercredi, sur demande du Secrétaire général Ban Ki-moon.

 

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon veut lancer un message fort. Au cours d’une réunion à huis clos, il a informé jeudi les membres du Conseil de sécurité de sa décision de remplacer le sénégalais Babacar Gaye à la tête de la mission onusienne en Centrafrique (Minusca) par le gabonais Parfait Onanga-Anyanga. « J’ai accepté aujourd’hui la démission du général Babacar Gaye, chef de la Minusca. Je veux saluer ses efforts en faveur de la paix, de la sécurité et de la réconciliation tout au long de sa carrière », a déclaré Ban Ki-moon, le 12 août, à l’ONU. « Je ne tolérerai aucune action qui pousserait les gens à éprouver de la peur en lieu et place de la confiance. Chaque personne qui travaille avec les Nations unies doit placer nos idéaux au-dessous de tou », a-t-il poursuivi avant de préciser que tout soupçon serait très sérieusement examiné.

 

Une enquête a été ouverte mardi 11 août sur des accusations de viol contre une fillette et l’homicide d’un adolescent de 16 ans et de son père qui auraient été commis au cours d’une opération dans la capitale centrafricaine Bangui, début août. L’affaire risque de ternir durablement la réputation d’une institution durement entachée notamment par son intervention en Libye ou en Côte d’Ivoire. Ce sont 480 cas d’abus ou d’exploitations sexuels, notamment contre de la nourriture ou de l’argent, qui ont été recensés au sein de l’ONU entre 2008 et 2013, selon un rapport du bureau d’enquête des Nations unies. Les investigations étant la plupart du temps confiées au pays concerné, les enquêtes sont souvent étouffées.

 

La volonté d’étouffement de ses affaires ainsi que la lenteur des procédures ont été très critiquées. Concernant les révélations sur les accusations de viol impliquant 14 soldats français en Centrafrique en avril dernier, l’inactivité de sa hiérarchie avait été avancée par Anders Kompass, directeur des opérations de terrain au Haut-Commissariat de l’ONU pour les droits de l’homme, pour se justifier d’avoir fait fuiter un rapport au quotidien britannique the Guardian. Le général Gaye avait accumulé des années d’expérience en matière de maintien de la paix au Liban, en Irak, en Syrie, mais aussi en RDC où il a officié entre 2005 et 2010. Ce dernier a expliqué son départ comme étant « la réponse à une attitude qui est tout simplement inacceptable de la part de soldats venus défendre un peuple et le protéger. »

 

Le nouveau chef de la mission, M. Onanga-Anyanga a récemment été l’envoyé spécial des Nations unies au Burundi. Il arrive à la tête d’une Minusca en plein scandale et qui fait face à 57 allégations de fautes, dont 11 concernant potentiellement des cas d’abus sexuels sur des enfants. L’opération menée par les casques bleus au PK5, enclave musulmane à Bagui visait à arrêter un ancien chef de l’ex-rébellion Séléka. Elle avait fait au moins cinq morts, dont un Casque bleu camerounais de la Minusca et fait des dizaines de blessées.

 

 

Publié le 14 août 2015 à 16 h 25 min par Marc Lallemand

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