Burundi : comme un goût de guerre civile

Burundi : comme un goût de guerre civile

La guerre civile est à deux doigts d’éclater au Burundi. Les assassinats politiques ciblés font craindre un déchaînement de violence qui pourrait déboucher sur une véritable guerre entre Burundais. Deux Congolais ont été tués par la police qui réfute les conditions dans lesquelles un père et son fils ont trouvé la mort, Etats-Unis et ONG tirent plus que jamais la sonnette d’alarme.

 

Après l’assassinat du général Adolphe Nshimirimana, pièce maîtresse du système sécuritaire burundais, les craintes de voir un cycle de violences s’engager se sont malheureusement révélées exactes. Les forces de sécurité se rendent coupables de multiples exactions (arrestations arbitraires, actes de tortures et même des meurtres) bien qu’elles s’en défendent. Figure bien connue de la défense des Droits de l’homme, Pierre-Claver Mbonimpa a été victime d’une tentative d’assassinat et quatre personnes ont été retrouvées mortes dans deux quartiers contestataires de Bujumbura, la capitale.

 

Deux réfugiés congolais ont « fusillés »  le 5 août dernier à en croire les témoignages des habitants de la ville de Cibitoke. « Ils ont été allongés par terre par la police et ils ont été fusillés », raconte un témoin de la scène. Sans surprise, la police dément toute bavure et rétorque que dans le quartier en question, les forces de sécurité ont été attaquées pendant plusieurs soirs entraînant un blessé du côté des policiers. Le lendemain, le 6 août, deux corps avaient été retrouvés par des passants. Les deux avaient été ligotés et l’un avait un sac sur la tête. Une exécution dont les auteurs seront difficilement identifiables.

 

Samantha Power, ambassadrice américaine à l’ONU a invité le 7 août dernier au dialogue entre toutes les forces politiques afin d’éviter un « cycle de violence ». Une descente aux enfers entraînerait des sanctions comme l’a expliqué à mots couverts l’ambassadrice. « Ces attaques doivent cesser […] Les Etats-Unis et d’autres pays membres examinent des mesures, comme des interdictions de visa ou de voyage, que nous pourrions prendre contre les responsables de violations flagrantes des droits de l’homme ou d’attaques meurtrières ». Les ONG comme Human Rights Watch sont quant à elles extrêmement pessimistes face à une situation qui se détériore jour après jour sous les coups féroces des services de sécurité.

Publié le 13 août 2015 à 10 h 03 min par Laurent Fronsac

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