Centrafrique : François Bozizé candidat à la présidentielle

Centrafrique : François Bozizé candidat à la présidentielle

L’ancien président centrafricain, François Bozizé, reversé par un coup d’Etat en 2013 et en exil depuis est officiellement candidat à l’élection présidentielle du 18 octobre prochain. Le Kwa Na Kwa (KNK), a rendu son verdict à l’issue du Congrès qui a réuni 500 militants à Bangui. François Bozizé assure qu’il fera campagne dans le pays et que sa préoccupation première est l’unité.

 

Âgé de 69 ans, l’ancien président Bozizé n’a pas fait une croix sur sa carrière politique malgré son départ précipité en exil en mars 2013. L’ancien général-président a été désigné par son parti, le Kwa Na Kwa (KNK) candidat officiel à la course à l’élection présidentielle. Le premier tour aura lieu le 18 octobre prochain et un éventuel second tour se tiendra le 22 novembre. A l’heure actuelle, plusieurs dizaines de candidats se sont déjà déclarés et le KNK compte un dissident en la personne de l’ancien Premier ministre Faustin-Archange Touadéra.

 

Mais que penser de la candidature d’un homme qui vit entre le Kenya et l’Ouganda ? Le secrétaire général du Parti, Bertin Béa, balaye d’un revers de la main ces critiques et assure que Bozizé « ne peut pas être dans une logique de candidature à distance. Une candidature à une élection présidentielle se passe en Centrafrique. Evidemment, aussi bien lui que notre parti s’inquiètent de l’ampleur de la dégradation sécuritaire dans notre pays. C’est la raison pour laquelle nous avons tenu à insister sur la nécessité du désarmement avant d’aller vers des élections, et c’est pour ça que nous pensons que les dates qui ont été retenues ne sont pas du tout tenables ».

 

Si Bozizé – qui a pris le pouvoir par les armes en 2003 – jouit encore d’une certaine popularité, sa candidature est loin de faire l’unanimité. Bertin Béa souligne à ce sujet que « tout est mis en œuvre pour barrer la route au président François Bozizé. Certains veulent l’empêcher d’être candidat, en le rendant inéligible. Or, aucune instance judiciaire, ni aucun magistrat n’a décidé à ce jour, que le président François Bozizé a perdu tous ses droits civiques, il n’est pas en prison ». La candidature de l’ancien président apporte-t-elle réellement quelque chose de positif à un pays fortement divisé par des atrocités entre les communautés musulmanes et chrétiennes ? Les électeurs trancheront à l’automne prochain.

Publié le 12 août 2015 à 10 h 04 min par Léa Duval

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