La France ouvre une information judiciaire à l’encontre de Maixent Accrombessi

La France ouvre une information judiciaire à l’encontre de Maixent Accrombessi

Une information judiciaire a été ouverte vendredi à Paris, contre Maixent Accrombessi, le directeur de cabinet d’Ali Bongo. L’homme de l’ombre gabonais a été interpellé lundi 3 août et remis en liberté mardi après une brève garde à vue à Nanterre. La justice hexagonale enquête notamment sur des virements suspects émis par une société française, dont elle suspecte Maixent Accrombessi d’être le destinataire.

 

La garde à vue a été relativement courte mais elle a fait grand bruit et provoqué l’ire du pouvoir gabonais. Libéré après quelques heures, mardi 4 août, après avoir été interpellé la veille dans la matinée, Maixent Accrombessi est au centre d’une enquête préliminaire, ouverte le 9 juillet 2007 pour « corruption d’agent public étranger » et « blanchiment » par la justice française. Les enquêteurs cherchent à savoir si l’influent collaborateur d’Ali Bongo Ondimba a perçu de l’argent d’une société française en échange de l’attribution fin 2005 d’un marché public de sept millions d’euros au Gabon.

 

Les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) enquêtent sur différents virements, l’un d’environ 300 000 euros et six d’un montant total avoisinant les deux millions d’euros, émis par le groupe Marck sur des comptes appartenant à des sociétés gérées par des proches de M. Accrombessi ou par lui-même. « Je suis à la disposition de la justice française dans les formes qui respectent la souveraineté du Gabon et le droit des personnes », a commenté Maixent Accrombessi sur Facebook.

 

Relâché pour des raisons d’immunité diplomatique après quelques heures de garde à vue lundi, Maixent Accrombessi est retourné dans son pays. L’histoire ne devrait pas s’arrêter là puisqu’une information judiciaire visant nommément Maixent Accrombessi et Philippe Belin, président du groupe Marck, a été ouverte ce vendredi 7 août pour corruption active et passive d’agents étrangers, abus de bien social, blanchiment, recel, faux et usage de faux. L’instruction a été confiée au juge Roger-le-Loire qui dirige, par ailleurs, l’enquête dite des « biens mal acquis ». A l’issue de sa garde à vue, M. Belin a été notamment mis en examen pour corruption active et abus de bien social et placé sous contrôle judiciaire.
 

D’origine béninoise et naturalisé gabonais, Maixent Accrombessi, 50 ans, était au moment de la passation du contrat avec Marck, l’un des conseillers d’Ali Bongo, ministre de la Défense de son père Omar Bongo de 1999 à 2009. Cet ancien agent immobilier est devenu la cible des opposants, qui l’accusent de piller les caisses de l’État. Plusieurs voix dans l’opposition gabonaise ont appelé à sa démission. Cette affaire ne « renvoie pas une bonne image de la présidence à l’opinion publique », a estimé Jean Eyéghé Ndong, vice-président de l’Union nationale, appelant le président de la République à « en tirer les conséquences ».

 

 

Publié le 9 août 2015 à 7 h 40 min par Léa Duval

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