Biens mal acquis : la Société générale dans le viseur de la justice

Biens mal acquis : la Société générale dans le viseur de la justice

L’affaire des biens mal acquis refait surface. La Société générale est dans le viseur de la justice française et a été placée le 30 juillet dernier sous le statut de témoin assisté. Son rôle dans les détournements présumés de fonds publics par Téodorin Obiang, fils du président de Guinée Equatoriale est au centre des interrogations de la justice.

 

La Société générale est dans le collimateur de la justice française pour avoir ouvert plusieurs comptes bancaires au nom de Téodorin Obiang et de plusieurs sociétés auxquelles il était associé. Le fils du président équato-guinéen est mis en examen depuis 2014 pour blanchiment de fonds publics et abus de biens sociaux. Les sommes qui ont transité sur ces comptes dépassent 150 millions d’euros au total et interpellent les juges. En plaçant la Société générale sous le régime de témoin assisté, les juges montrent qu’ils suspectent des agissements douteux de la part de l’établissement bancaire français.

 

Les dirigeants de la banque ne souhaitent pas commenter cette décision et ont juste précisé que la Société générale « poursuivra naturellement sa coopération avec l’institution judiciaire ». L’information n’a pas été confirmée, mais il semblerait que des perquisitions au siège de la banque auraient permis de découvrir des emails internes dans lesquels le cas de Téodorin Obiang est discuté. « La problématique du risque opérationnel lié au fonctionnement du compte de Téodorin Obiang a clairement été évoquée dans les années 2005 et 2006 », et il a même été question de fermer ses comptes sans que cela n’ait finalement abouti.

 

Antoine Dulin, auteur en 2007 avec Jean Merkaert d’un rapport pour le CCFD sur les « biens mal acquis » se réjouit de cette évolution car il estime que « les détournements de dirigeants avaient été facilités par la complaisance des pays du Nord et en particulier les intermédiaires économiques comme les banques qui, de manière volontaire, n’ont pas fait preuve de la vigilance à laquelle elles sont tenues ». La balle est dans le camp de la justice.

Publié le 7 août 2015 à 10 h 03 min par Marc Lallemand

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