Le Cameroun dans le collimateur de la FIFA pour des soupçons d’ingérence

Le Cameroun dans le collimateur de la FIFA pour des soupçons d’ingérence

La FIFA a menacé de suspendre le Cameroun si la Fécafoot n’organise pas les élections à la présidence de la Fédération en temps et en heure. Dans le cas où le processus électoral à la Fécafoot est une fois de plus interrompu, la Fifa se réserve le droit de sévir.

 

La Fédération camerounaise de football (Fecafoot) fait une nouvelle fois l’objet des foudres de la FIFA. L’organisation qui gère le football sur le plan mondial la menace désormais de suspension si de nouveaux dirigeants ne sont pas élus d’ici le 30 septembre prochain. C’est la Fecafoot qui a dévoilé elle-même la (mise en garde, en publiant le 27 juillet sur son site internet la « lettre de la Fifa relative au processus de normalisation en cours »en son sein. « Les articles 13 et 17 des Statuts de la FIFA imposent aux associations membres de gérer leurs affaires de manière indépendante et sans l’influence de tiers. » Et ‘instance dirigeante du foot mondial ne rigole pas avec ses règles. Le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Kenya ou l’Indonésie l’ont ainsi appris à leurs dépends.

 

Le 21 juillet dernier, dans une correspondance adressée à la Fédération internationale de football association, Joseph Owona, le président du Comité de normalisation de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), revenait sur une décision de la Chambre de conciliation et d’arbitrage du Comité national olympique et sportif du Cameroun. Cette dernière annulait  l’assemblée générale d’adoption des textes de la Fécafoot (Statuts et code électoral) du 2 juin dernier en raison du rejet de certains délégués (35% de votes) et de leur recours auprès de ladite chambre. La Fécafoot proposait également un nouveau chronogramme de ses activités. D’après ce dernier, l’AG d’adoption des textes est prévue pour le 5 août prochain.

 

La missive de la FIFA insiste pour que les élections du mois d’août se tiennent bien en temps et en heure. Et pas question que le gouvernement intervienne. En cause, le ministre des Sports et d’Education physique, principal acteur de l’arrêt du championnat jeune et de la Coupe du Cameroun. En 2013, le Cameroun avait déjà été suspendu, après l’annulation de la réélection du président sortant de la Fécafoot, Iya Mohammed, écroué pour malversations financières présumées. Jérôme Valcke, s’y dit perplexe face au « déroulement des événements puisqu’il s’agit de la deuxième annulation de l’adoption de nouveaux statuts après la première tentative en août 2014. Nous avions pourtant compris que les différents amendements souhaités par certains acteurs du football avaient été pris en compte. »

 

Etienne Tamo, Administrateur de la Fédération camerounaise de football qui exprime ainsi son exaspération face à la situation de blocage dans laquelle se trouve le Comité de normalisation de la fédération camerounaise de football : « Nous avons eu une dizaine de procès à la Chambre de conciliation et d’arbitrage du Comité national olympique et sportif du Cameroun et les sentences rendues sont toutes contre nous, même quand les textes de la Fécafoot ont été respectés à l’instar du cas des cinq clubs relégués en deuxième division dans la région du Littoral. La crise à la Fécafoot est causé par les membres du gouvernement qui veuillent placer leurs protégés à la tête de la cette fédération. »

 

Joint au téléphone par CT, François Dikoumé, arbitre au Tribunal arbitral du sport explique qu’on « ne peut pas aller au-delà des lois d’un pays. C’est du chantage. Je crois qu’il y a des dispositions que le T.A.S avait imposé au Comité de normalisation qui, si elles n’ont pas été respectées, peuvent toujours être attaquées. De toutes les façons, si la FIFA suspend le Cameroun et que l’affaire est portée au T.A.S, le tribunal est à même de revenir sur cette suspension », relativise t-il.

 

La troisième tentative sera peut-être la bonne. En tout cas, le comité de normalisation de la Fecafoot a déjà publié un « calendrier modifié » pour adopter les nouveaux statuts et désigner les nouveaux dirigeants de l’instance qui géreront le football camerounais. Selon ce nouveau chronogramme, l’élection du nouveau comité exécutif de la Fecafoot est prévue le 28 septembre. Et la cérémonie de passation de pouvoir est programmée dès le lendemain. De peur de dépasser la date limite imposée au 30 septembre par la Fifa, sous peine d’une « probable suspension ». Cela entraînerait notamment de l’exclusion des Lions indomptables du Cameroun des éliminatoires de la Coupe du monde 2018.

 

Publié le 30 juillet 2015 à 8 h 13 min par Marc Lallemand

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