Le Cameroun table sur un avenir énergétique ensoleillé

Le Cameroun table sur un avenir énergétique ensoleillé

Le Cameroun est un « géant de l’électricité encore sur les starting-blocks ». C’est en tout cas l’avis de Jean-Pierre Kedi, directeur général de l’Agence de régulation de l’électricité (Arsel). Le potentiel est là, mais faute d’investissements, le pays est encore en-dessous de ses capacités. Avec 1 000 MW actuellement, le Cameroun peut légitimement prétendre à se renforcer dans ce domaine. Cela passe par de grands projets et d’autres, individuels, mais multiples sur l’ensemble du territoire.

 

Un pays énergétiquement indépendant est un pays plus fort sur le plan économique et plus souverain. Le Cameroun vise un tel objectif, mais le chemin est encore long car aujourd’hui, seuls 1 000 MW sont produits au niveau national. Un chiffre vraiment faible quand on sait que le potentiel de l’hydro-électricité représente à lui seul entre 13 000 et 15 000 MW. A l’heure actuelle, trois centrales hydro-électriques de 300 à 400 MW sont à l’état de projet (Limbé, Makay et Natchigal). Encore plus avancés, trois barrages sont en cours de construction à Lom Pangar, Mekin, et Memvé’élé.

 

Voilà pour les projets importants qui vont changer le visage énergétique au Cameroun. Le directeur de l’Agence de régulation de l’électricité, Jean-Pierre Kedi, compte sur bien d’autres solutions afin d’améliorer la situation énergétique du pays. Des solutions plus locales qui reposent sur les ressources plus abondantes. Le soleil en premier lieu. Selon M. Kedi, « chacun peut acheter des panneaux solaires et les installer sur son toit, avoir de l’énergie pour lui-même et, lorsqu’il est en surplus, le réinjecter dans le réseau. N’ayant que 1 000 MW disponibles et tenant compte du fait qu’il y a un million de consommateurs, si chaque consommateur nous donnait 2 MW, on aurait déjà le double de ce qui est disponible aujourd’hui ».

 

Vraie en théorie, cette idée est pourtant assez compliquée à mettre en œuvre car s’équiper coûte cher et les investissements manquent cruellement. Selon l’Arsel, les besoins au cours des dix prochaines années seront de 3 700 milliards de F CFA. Les investisseurs étrangers ont donc leur carte à jouer si les autorités camerounaises donnent des gages suffisants pour être certains que les sommes allouées ne tombent pas dans un puits sans fond.

Publié le 27 juillet 2015 à 10 h 04 min par Emmanuel Samba

Laisser un commentaire