São Tomé-et-Príncipe veut se placer sur la carte

São Tomé-et-Príncipe veut se placer sur la carte

Rares sont ceux qui ont entendu parler de São Tomé-et-Príncipe. Petit archipel de 1001 kilomètres carrés au large des côtes gabonaises et équato-guinéennes, São Tomé-et-Príncipe aspire à jouer un rôle plus important dans les affaires de la région. C’est l’ambition de Patrice Trovoada, Premier ministre en poste depuis novembre 2014, dont la connaissance des arcanes du pouvoir pourrait bien profiter au développement de son pays.

 

Il y a des Etats qui ne font jamais parler d’eux. Pas de conflit sanglant, pas de désastre à déplorer, ils font partie de la cohorte des pays jamais médiatisés. São Tomé-et-Príncipe, ancienne colonie portugaise devenue indépendante en 1975, est de ceux-là. Mais, le Premier ministre Patrice Trovoada compte bien s’appuyer sur les atouts de l’archipel pour en faire un acteur régional incontournable. Dépendant à 50 % de l’aide internationale, le chemin est encore long, mais les experts pensent que les sous-sols regorgent de pétrole. Situé à 350 kilomètres au large du Gabon et de la Guinée-équatoriale – deux des principaux producteurs du continent – São Tomé-et-Príncipe pourrait abriter 2 milliards de réserves de barils même si tout cela reste encore à vérifier. Patrice Trovoada garde la tête froide et se dit persuadé que l’exploitation arrivera en temps voulu tout en soulignant que la préservation de l’environnement et sa mise en valeur est une ressource plus pérenne pour le pays.

 

En plus des éventuelles ressources en hydrocarbures, Patrice Trovoada entend développer un port en eau profonde et proposer un lieu « fiscalement attractif à deux heures d’un marché de 350 millions de consommateurs ». Le tourisme est une autre carte entre les mains de São Tomé-et-Príncipe qui dispose d’ « infrastructures hôtelières tout à fait honorables » mais qui doit encore bénéficier d’une multiplication de liaisons aériennes.

 

Economiste de formation, Patrice Trovoada a pour lui le fait de connaître parfaitement les arcanes du pouvoir dans son pays et en Afrique. Fils du premier Premier ministre après l’indépendance, il a déjà occupé la fonction pendant deux ans entre 2010 et 2012. L’homme a la réputation d’avoir un réseau parmi les figures qui comptent dans la région (Denis Sassou Nguesso, José Eduardo dos Santos Ali Bongo Ondimba). Des liens utiles car « les relations bilatérales sont bien pratiques pour faire avancer certains dossiers. Au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, c’est parfois un peu trop lent ». Patrice Trovoada ne briguera pas la Présidence de la République en 2016, car il estime être plus utile à son poste dans un pays où le Président n’a qu’un rôle d’arbitre. Les ambitions du Premier ministre et du pays sont grandes, mais le chemin reste long et semé d’embuches.

Publié le 25 juillet 2015 à 10 h 04 min par Jean-Yves Denis

Laisser un commentaire